Le Rapport examine également les facteurs qui influencent la distribution et l'intensité de la violence post-conflit, ainsi que certaines des nouvelles stratégies visant à répondre à cette violence. La violence armée peut persister longtemps après la fin officielle de la guerre. Il est essentiel d'y faire face si l'on veut assurer un rétablissement à long terme des sociétés touchées, mais les approches conventionnelles visant à promouvoir la sécurité post-conflit (y compris le désarmement, la démobilisation et la réintégration des anciens combattants) sont souvent incapables de répondre aux besoins en sécurité.
Examinant la situation en Afghanistan, le document note que dans de nombreuses régions, les programmes visant à désarmer et démobiliser les anciennes Forces Militaires Afghanes et les groupes armés illégaux n'ont pas réussi à entamer l'autorité des commandants locaux, des chefs de guerre et des autres hommes forts du pays. Les commandants des groupes armés locaux montrent de plus en plus de réticences à coopérer dans les domaines du désarmement et de la démobilisation; certains, parmi ceux qui avaient participé à des efforts de désarmement, de démobilisation et de réintégration, seraient en train de se réarmer.
Le rapport souligne une croissance du commerce autorisé d'armes légères, qui a bondi de 28 pour cent entre 2000 et 2006, soit une augmentation de près de 653 millions de dollars US, selon les données douanières de l'ONU présentées dans l'édition 2009 du Small Arms Survey. Les États-Unis continuent d'être un moteur du commerce mondial d'armes de petit calibre. Selon les données douanières disponibles pour l'année 2006, les principaux exportateurs sont, par ordre décroissant, les États-Unis, l'Italie, l'Allemagne, le Brésil, l'Autriche et la Belgique. La Chine et la Fédération de Russie font également probablement partie de cette liste, mais les données douanières ne permettent pas, à elles seules, de l'établir formellement. D'après le Baromètre de transparence du commerce d'armes de petit calibre 2009, les principaux exportateurs d'armes légères et de petit calibre les plus transparents sont, par ordre décroissant, la Suisse, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Norvège et, à égalité pour la cinquième place, les Pays-Bas, la Serbie et les États-Unis. Les pays les moins transparents sont l'Iran et la Corée du Nord (à égalité), suivis de l'Afrique du Sud, la Fédération de Russie, Israël et Taiwan, dans cet ordre.
Le rapport examine enfin la politique de désarmement, des activités qui ont permis de détruire, dans certains cas, 40 pour cent des arsenaux militaires existants et peut être 20 pour cent des armes détenues par les civils. Au niveau mondial, au moins 76 millions d'armes de petit calibre militaires et 120 millions d'armes à feu civiles ont pu être éliminées. Tandis que les programmes de désarmement ciblant les forces armées non-étatiques sont largement moins nombreux que ceux destinés aux forces armées étatiques ou aux civils, ce sont peut-être les plus importants en termes de sécurité interne et internationale. Le rapport souligne que les collectes et destructions d'armes civiles s'avèrent plus efficaces lorsqu'elles sont perçues comme légitimes. Les efforts coercitifs de désarmement échouent souvent. Les meilleures perspectives en matière de futurs efforts de désarmement à grande échelle impliquent la destruction des surplus étatiques.
(Interview : Robert Muggah, Directeur de recherches du Rapport sur les armes légères et Analyste à l'Institut de recherche européen Small Arms Survey; propos recueilis par Alpha Diallo)