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 2 Septembre 2009
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Mines : les survivants appellent au respect du traité d'interdiction

Un nouveau rapport, donnant corps aux « Voix du terrain », montre que, malgré les progrès enregistrés dans le domaine de la destruction des stocks et de la dépollution, les gouvernements du monde entier ne respectent pas les engagements qu'ils ont pris en ce qui concerne le traitement et la réintégration sociale des survivants de mines.

Dix ans après l'entrée en vigueur du Traité d'interdiction des mines antipersonnel, 67% des rescapés estiment que les programmes nationaux d'assistance aux victimes n'ont pas pris en compte leurs besoins.

L'appel lancé aux gouvernements pour l'application du Traité d'interdiction des mines et la publication de ce nouveau rapport coïncident avec le début de la seconde Réunion préparatoire organisée à Genève les 3 et 4 septembre. Environ 150 pays doivent s'y réunir pour organiser le plan d'action mondial d'interdiction des mines pour les cinq années à venir.

«J'ai besoin d'espoir pour vivre. Je pense avoir une chance de reprendre une vie normale, je souhaite réaliser mes rêves et remplir mes obligations, comme tous les autres habitants de mon village », explique Korab Mula, un jeune survivant albanais de 27 ans qui a perdu ses deux bras et a eu les jambes blessées en marchant sur une mine en 2000.

L'Albanie est l'un des rares pays dans lesquels des progrès ont été mis en évidence pour l'assistance aux victimes.

Le rapport, a été publié dans le monde entier par Handicap International et d'autres membres de la Campagne internationale pour interdire les mines dans le monde (ICBL). Il s'agit du tout premier rapport d'enquête sur l'assistance aux victimes. L'étude, qui s'est achevée en juillet 2009, inclut des questionnaires et des données recueillies auprès de 1.645 survivants dans 25 pays concernés par cette problématique.

Le rapport montre que les survivants ne sont que rarement impliqués dans la prise de décisions et les activités en leur faveur, plus de deux tiers d'entre eux estimant dès lors que leurs besoins ne sont pas pris en compte au moment de l'élaboration des plans d'assistance par leur gouvernement. Cette non-participation explique pourquoi une majorité de survivants sont d'avis que leur gouvernement manque d'une réelle volonté politique de les aider.

« Les pays ne doivent pas se contenter de détruire les stocks et de déminer, ils doivent également aider les personnes qui ont survécu aux explosions et qui vivent maintenant dans les campagnes. Il faut aussi qu'ils associent ces survivants au processus décisionnel, explique Marc Joolen, directeur général de Handicap International Belgique. Les habitants des zones rurales doivent pouvoir bénéficier d'une aide abordable et de proximité. Partout dans le monde, les rescapés souhaitent avoir la possibilité de trouver un emploi et de refaire leur vie. »

Le Traité d'interdiction des mines antipersonnel est le premier accord international de désarmement exigeant de la part de la communauté internationale d'assurer l'« assistance aux victimes ». Même si tous les États-parties sont « en mesure » d'offrir une assistance aux survivants, le rapport souligne que moins d'un quart des survivants ont constaté une amélioration dans leur quotidien.

« Les défis sont énormes et concernent le long terme. Les rescapés ne savent que trop bien que leurs gouvernements ont beaucoup d'autres priorités. Ils indiquent par ailleurs clairement que les États n'ont pas pris en compte leurs besoins concrets », indique Katleen Maes, coordinatrice de la recherche chez Handicap International Belgique.

(Extrait sonore : Stan Brabant, Responsable de l'Unité Politique de Handicap International; propos recueillis par Alpha Diallo)