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Planification familiale : comment relancer la mobilisation?
Même si au cours des 40 dernières années le planning familial a connu un énorme succès, en raison de la diversité et de la disponibilité des moyens de contraception, moins d'importance a été accordée aux pays en développement au cours des dernières années en raison de la réduction des financements des moyens de contraception.
Alors quelles sont les conséquences de ce recul pour les femmes du tiers monde, c'est la question qu'a posée Stéphanie Coutrix a Linda Demers du Fond des Nations Unies pour la population a la sortie d'une réunion sur la planning familial tenue au Siège de l'ONU...
A quoi sert la planification familiale?
Éviter un avortement dangereux : la planification familiale pourrait éviter la plupart des morts maternelles qui résultent d'un avortement dangereux. Si tous les couples du monde qui ne veulent pas avoir d'enfant pratiquaient la contraception, on éviterait la plupart des dizaines de millions d'avortements provoqués qui, estime-t-on, ont lieu chaque année.
Dans les régions en développement, on estime que, sur 100.000 avortements, jusqu'à 100-600 morts sont imputables à des interventions pratiquées dans des conditions dangereuses.
L'élargissement et l'amélioration des programmes de planification familiale peuvent faire augmenter l'emploi de méthodes efficaces de contraception et, partant, aider à réduire le nombre de grossesses non souhaitées et d'avortements. Comme des études l'ont montré dans beaucoup de pays et à des dates différentes, les taux d'avortement ont diminué, souvent de façon sensible, au fur et à mesure que la contraception moderne devenait plus répandue.
Pour les systèmes nationaux de santé, une large diffusion de la planification familiale s'est révélée être un solide investissement. En effet, si on évite les grossesses non souhaitées, on libère des ressources qu'il faudrait consacrer au traitement de complications d'avortements dangereux. Souvent, ce traitement exige une hospitalisation, des transfusions de sang, l'administration de produits pharmaceutiques et le recours à d'autres moyens qui absorbent une grande partie des budgets des hôpitaux. Souvent, les admissions en urgence dans les services gynécologiques d'hôpitaux comportent un pourcentage élevé de complications de l'avortement. Dans les pays où l'avortement est illégal, jusqu'à deux lits sur trois des services de maternité sont occupés par des femmes hospitalisées pour des complications de l'avortement, et jusqu'à la moitié des budgets d'obstétrique et de gynécologie sont absorbés par le traitement de ces complications.
(Extrait sonore : Linda Demers, Coordinatrice pour la conférence internationale pour la population et le développement; propos recueillis par Stéphanie Coutrix)


