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Crise alimentaire : Pour une action urgente et coordonnée
Une réunion spéciale du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) s'est ouverte mardi après midi à New York sur la crise alimentaire mondiale.
Cette réunion est la première d'une série d'événements majeurs visant à s'attaquer à cette crise, dont la réunion de haut niveau à Rome, prévue du 3 au 5 juin prochain, la session de fond de l'ECOSOC, en juillet, et la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les Objectifs du millénaire pour le développement, qui se tiendra en marge du débat général en septembre.La crise alimentaire mondiale exige une action internationale urgente et coordonnée. C'est ce qui ressort des discussions de cette première réunion internationale consacrée à la crise. Des assises qui ont d'emblée mis l'accent sur l'identification de mesures d'urgence et concertées pour contrer une catastrophe humanitaire qui menace des centaines de millions de personnes...
Comment faire baisser les prix et renforcer la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables? Il faut tout d'abord aller à la source et tenter le diagnostic... Ainsi Asha Rose Migiro, le numéro 2 de l'ONU, évalue des causes d'une crise qui s'explique par la hausse des prix du pétrole, les effets des changements climatiques ou la popularité croissante des biocarburants. Pour elle le constat est sans ambivalence, la crise actuelle est le résultat de la négligence et de l'inefficacité de l'homme.
Dans un message vidéo enregistré, les thèses de Bingu Wa Mutharika, le Président du Malawi, rejoignent celles de Jean Zigler, l'ancien Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation pour qui il est possible de produire assez de denrées alimentaires au niveau mondial pour nourrir toute la population de la planète. Le Président du Malawi a sommé la communauté internationale d'envisager de réorganiser l'aide alimentaire afin qu'elle comprenne des investissements dans la production agricole. Néanmoins, la solution consistant à passer à une agriculture à grande échelle demeure, à ses yeux, inefficace dans les pays qui n'ont pas beaucoup de terre. Le président du Malawi se met du côté de ceux qui pensent qu'il faut se concentrer sur la productivité agricole des petits agriculteurs.
Dans un autre message vidéo, Gorodon Brown, Premier ministre du Royaume Uni, juge inacceptable que les pays les plus riches poursuivent leur politique de subventions agricoles. Dans la foulée des prises de consciences et des solutions suggérées, la France ne rate pas le débat... Par la voix de Rama Yade, la Secrétaire d'État chargée des affaires étrangères et des droits de l'homme, Paris préconise la mise en place d'un partenariat mondial pour l'agriculture et l'alimentation, destiné à mobiliser la communauté internationale et l'ensemble des acteurs du développement agricole et de l'aide alimentaire.
Enfin à l'instar du Président du Brésil, Lula Da Silva, de nombreux participants ont jugé essentiel de mettre en place des règles justes en matière de commerce agricole international. Mais Srjan Kerim, Président de l'Assemblée générale de l'ONU et Léo Mérorès, Président du Conseil économique et social pensent qu'il faut tout d'abord satisfaire les besoins humanitaires immédiats de plus de deux milliards de personnes pour qui la hausse des prix des denrées alimentaires est une question de lutte quotidienne, de sacrifice et de survie. Dossier à suivre.
(Mise en perspective de Maha Fayek, avec des extraits sonores de Bingu Wa Mutharika, le Président du Malawi, de Gordon Brown, Premier ministre du Royaume Uni et de Rama Yade, ministre d'État aux Affaires Étrangères et aux droits de l'homme auprès du ministère Français des affaires étrangères)

