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 31 Juillet 2008

Accord à l'ONU sur la question de la MINUAD; désaccord sur Al-Béchir

Dans la résolution du Conseil de sécurité 1828 sont prises en compte les préoccupations de l'Union africaine au sujet de la demande formulée par Procureur de la Cour pénale internationale d'engager poursuites et investigations contre le Président Al Bachir. Mais celles-ci ne figurent que dans le paragraphe 9 du préambule d'une résolution qui se concentre totalement sur le renouvellement du mandat de la MINUAD pour une durée d'un an avec une volonté réaffirmée de la nécessité d'accélérer son déploiement et de fournir moyens logistiques militaires et humains pour la mise en œuvre de son mandat sans obstruction de la part du Soudan...

Faute d'avoir abouti à un consensus ou à un compromis, la demande de l'Union africaine, de faire usage de l'article 16 du statut de Rome pour demander un sursis de la poursuite des investigations sur le président soudanais par la Cour pénale internationale, pourrait faire l'objet de discussions séparées. Les quinze subdivisés ont choisi de séparer les deux dossiers: prolongement du mandat de la MINUAD et le très sensible dossier de la coopération du Soudan avec la CPI et les poursuites engagées contre Al-Bachir. Le Royaume Uni qui avait poussé à fond pour le renouvellement de la MINUAD estime qu'une séparation entre les deux sujets est une solution pertinente pour le Conseil et que la priorité c'est la MINUAD... Les États-Unis, seul pays à s'être abstenu au vote, disent qu'ils vont rester vigilants sur la question de l'impunité. Le Burkina Faso se dit déçu que les préoccupations de l'Afrique n'aient pas étés prises en compte dans cette résolution, la Russie estime qu'il faut faire la part des choses entre paix et stabilité et injustice et impunité. La Chine appuie la demande des gouvernements africains au Conseil d'examiner les possibilités de suspension des poursuites engagées contre Al Bachir et la France exige une entière collaboration du Soudan avec la CPI, à commencer par la remise à la justice internationale de Messieurs Aroun et Kouchaib.

(Mise en perspective Maha Fayek)