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 19 Décembre 2008
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Droits de l'homme : Les pays divisés sur la dépénalisation de l'homosexualité

Invoquant l'universalité des droits de l'homme, un tiers des pays du monde a lancé jeudi aux Nations Unies un appel historique à la dépénalisation universelle de l'homosexualité, malgré l'opposition active de plusieurs Etats arabes et du Vatican.

Cet appel dont Rama Yade, Secrétaire d'Etat française aux droits de l'homme, est l'une des inspiratrices, a été lancé à l'ONU par l'ambassadeur d'Argentine, Jorge Arguello, au nom de 66 pays, répartis sur les cinq continents, qui l'ont signé.

Parmi les 66 signataires figurent notamment tous les pays de l'Union européenne, le Brésil, Israël et le Japon. Mais ni la Chine, ni les Etats-Unis, ni la Russie n'y ont adhéré. L'appel et le texte sont néanmoins historiques pour Rama Yade. Il se fonde sur le principe d'universalité des droits de l'homme, consacré dans la Déclaration universelle de ces droits, dont on célèbre le 60ème anniversaire cette année, et qui prévoit en son article premier que "tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits".

Il réaffirme "le principe de non-discrimination qui exige que les droits de l'homme s'appliquent de la même manière à chaque être humain, indépendamment de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre". Les 66 pays dénoncent en particulier "le recours à la peine de mort sur ce fondement, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, la pratique de la torture et autres traitements ou peines cruels, inhumains et dégradants... Après cet appel, le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Maxime Verhagen, et Rama Yade ont coprésidé une réunion de haut niveau afin de promouvoir cette déclaration. Ensuite une déclaration rivale, lue par un Syrien et soutenue par le monde arabe, a rallié 60 signatures. La déclaration adverse estime que celle promu par la France et les Pays-Bas "se mêle de questions qui tombent, pour l'essentiel, sous la juridiction intérieure des Etats", et pourrait conduire à la "banalisation sociale, peut-être même à la légitimation de nombreux actes déplorables comme la pédophilie".

Pour sa part le Vatican avance que l'objectif d'éliminer la répression de l'homosexualité est légitime. Toutefois, il déplore qu'en condamnant les discriminations et les préjugés sur les homosexuels, on risque de favoriser le mariage gai, l'adoption et la procréation assistée pour les couples de même sexe.

(Mise en perspective de Maha Fayek, avec des extraits sonores de Rama Yade, Secrétaire d'Etat française aux droits de l'homme)