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 17 Décembre 2008
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Conférence de presse de fin d'année : 2008, l'année des crises multiples, selon Ban Ki moon

Selon Ban Ki moon, le bilan de l'année 2008 est mitigé : « l'année des crises multiples », ainsi a-t-il qualifié l'année écoulée. Selon le patron de l'ONU, la récession économique mondiale a eu certainement du mauvais, mais un peu de bon, car elle a mis le monde entier ensemble. Une communauté internationale qui a été également solidaire dans sa réponse aux désastres naturels... Au chapitre des déceptions, le Myanmar se situe au premier plan, car le retour à la démocratie est loin d'être proche... Autre déception la RDC : en dépit des efforts déployés, les populations civiles n'ont pas été épargnées ni protégées... Le Darfour et la MINUAD, toujours en manque d'hélicoptères, s'ajoutent à la liste. Ban Ki moon estime cependant que la reprise des combats et les exactions aux droits de l'homme ne peuvent pas accoucher d'une solution politique... ~~~

C'est sur le Zimbabwe que le Secrétaire général de l'ONU est le plus parlant, voire même virulent, notamment à l'égard de Robert Mugabe... Ban Ki moon lui aurait fait part de ses préoccupations lors de leur rencontre à Doha, mais rien n'y fait. La mission de son Envoyé spécial au Zimbabwe a été retardée, le moment n'étant jugé pas propice, selon les collaborateurs de Mugabe. Interrogé sur ses nombreux voyages tout au long de ses deux années de mandat et sur leur manque de succès, Ban Ki-moon, a expliqué qu'il y a eut énormément de crises à gérer en même temps. Il estime avoir assumé son rôle de facilitateur en tant que patron de l'ONU en se déplaçant sur le terrain quand il le fallait et en déployant tous les efforts de médiation diplomatique nécessaire, mais il impute les échecs au manque de volonté politique des États... Sur la question du Moyen Orient, le Secrétaire général de l'ONU persiste à dire que les négociateurs sur le processus de paix sont sur la bonne voix. Relancé sur la question humanitaire à Gaza et la terrible souffrance des palestiniens, et sur les moyens dont il disposait pour faire pression sur les israéliens, Ban Ki moon a affirmé qu'il s'était entretenu à maintes reprises avec le Premier ministre israélien, qui a évoqué, sans relâche, les questions de sécurité... Le Secrétaire général de l'ONU s'est dit néanmoins optimiste sur les possibilités d'aboutir à un compromis avec l'aide du Quartet et de la nouvelle administration américaine. Enfin interrogé sur la Somalie et sur ses contacts en vue de la possible création d'une mission de maintien de la paix, Ban Ki moon s'est montré réaliste, en rappelant qu'au niveau des États membres permanents du Conseil de sécurité, un seul pays s'était porté volontaire pour fournir les équipements, la logistique, mais pas les troupes. En plus du manque de fonds, Ban Kimoon, a souhaité rappeler que le principe même de création d'une mission de maintien de la paix repose au préalable sur l'existence de cette paix...

(Mise en perspective de Maha Fayek ; propos recueillis par Jérôme Longué)