Radio des Nations Unies

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 18 Décembre 2008
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Journée internationale des migrants : un rôle positif même en période de crise

Les gouvernements doivent prendre conscience du rôle positif que les migrants peuvent jouer dans la croissance et le redressement économique et ne doivent pas céder à la tentation de fermer leurs portes aux migrants en période de ralentissement économique, affirme l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui célèbre aujourd'hui la journée internationale des migrants.

"Même si la crise économique n'a pas encore révélé toute son ampleur dont il nous reste encore à déterminer la portée réelle, il serait contre productif pour les gouvernements des pays développés de fermer leurs portes aux migrants. Nombre d'entre eux sont nécessaires dans des secteurs dont les citoyens de pays industrialisés ne peuvent pas ou ne souhaitent pas occuper les emplois", explique Jean-Philippe Chauzy, Porte-parle de l'OIM dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies.

"La fermeture des frontières incitera sans aucun doute les migrants à recourir aux solutions proposées par les passeurs et les trafiquants que sont les voies d'entrées illégales dans les pays de destination, mettant leur vie en péril et s'exposant aux risques d'abus et d'exploitation. Point également important, une telle politique risque d'aggraver les divisions sociales et d'exacerber la xénophobie à l'égard des migrants déjà installés dans ces pays en perpétuant le mythe du migrant voleur de travail", fait valoir Jean-Philippe Chauzy, Porte-parole de l'OIM.

En outre, il ne faut pas se servir de la crise économique pour exploiter les migrants du secteur informel en leur réservant des bas salaires voire en ne les payant pas du tout, des types d'abus auxquels les migrants sans papiers en particulier, se trouvent régulièrement exposés. Le migrant, par sa capacité constante à rapatrier des fonds joue un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté dans son pays d'origine au bénéfice de ces fonds, dans la mesure où les familles sont souvent dépendantes de ces entrées d'argent pour satisfaire des besoins élémentaires tels que l'alimentation, le logement, la santé et l'éducation. On constate dans le monde entier que des familles pâtissent déjà des conséquences de la baisse du rapatriement des fonds et affrontent un avenir incertain.

Il ne faudrait pas que la crise économique débouche sur une crise des migrants. Si l'on garde à l'esprit le fait que les migrants font partie intégrante des solutions qui s'offrent aux pays d'origine et de destination, la sortie de cette crise pourrait avoir lieu plus tôt que prévu" déclare Jean-Philippe Chauzy en guise de conclusion.

(Extrait sonore : Jean-Philippe Chauzy, Porte-parole de l'OIM ; propos recueillis par Maha Fayek)