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Cameroun : l'OIM publie le profil migratoire du pays
Un profil migratoire du Cameroun publié ce 16 mars par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) montre que les flux migratoires actuels sont encore majoritairement effectués des campagnes vers les villes. Par ailleurs, de plus en plus de Camerounais qualifiés et non-qualifiés émigrent vers les pays voisins, en Europe et aux Etats-Unis. Le rapport estimait le nombre d'émigrants camerounais à 170 363 en 2007.
La France, qui accueille 38 530 migrants, reste l'une des destinations favorites, suivie du Gabon (30 216), du Nigeria (16 980) et des Etats-Unis (12 835).
Le profil indique que la majorité sont des migrants à long terme. En effet, 40 % d'entre eux vivent dans leur pays de destination depuis dix ans ou plus et 16 % depuis cinq à dix ans. En outre, les rapatriements de fonds envoyés par les migrants camerounais sont passés de 11 millions de dollars en 2000 à 103 millions en 2004, pour atteindre le record de 167 millions de dollars en 2008, ce qui représente 0,8 % du produit intérieur brut du pays. Les rapatriements de fonds sont utilisés à des fins médicales et éducatives ou pour l'achat de biens de consommation. Le rapport fait observer que ces transferts stimulent l'activité économique du pays en remplaçant le crédit et les autres méthodes de financement et en facilitant la mise en œuvre de projets et autres activités de génération de revenus. Par ailleurs, le rapport indique que l'augmentation des transferts de fonds permet d'élargir le système bancaire et de multiplier les banques et les agences de transferts d'argent, et donc de créer des milliers d'emplois. Cependant, la migration depuis le Cameroun continue de contribuer à la fuite des cerveaux. D'après l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 42,3 % des 57 050 Camerounais qui travaillent en Europe sont hautement qualifiés. D'après l'Ordre des médecins camerounais, 4200 médecins camerounais, principalement des spécialistes, travaillent à l'étranger. Seulement 800 d'entre eux, soit 1 pour 10 000 à 20 000 habitants, restent dans les villes et 1 pour 40 000 à 50 000, dans les zones rurales.
Le profil souligne que la stabilité politique et le potentiel socioéconomique du pays restent relativement attirants pour les migrants des pays voisins tels que la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale et le Nigeria. Enfin, le rapport explique que les questions politiques et migratoires au Cameroun ne peuvent pas être abordées convenablement en raison de l'absence de données informatisées sur les tendances et flux migratoires actuels.
(Extrait sonore: Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM; propos recueillis par Alpha Diallo)

