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 10 Mars 2010
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Coomaraswamy : "Rien de plus terrifiant que le viol des enfants"

Le Conseil des droits de l'homme a ouvert, ce mercredi matin, sa deuxième réunion annuelle consacrée aux droits de l'enfant, avec notamment une attention toute particulière sur la question spécifique de la lutte contre la violence sexuelle à l'égard des enfants. La réunion vise à promouvoir la prise de conscience relative aux atteintes sexuelles aux enfants et à mettre l'accent sur les bonnes pratiques.

Le Conseil des droits de l'homme

Le Conseil des droits de l'homme

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés estime que la lutte contre l'impunité des auteurs de violences sexuelles avait considérablement progressé, notamment avec l'adoption du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qui a clairement fait des violences sexuelles en période de conflit armé des crimes de guerre.

Malgré ces progrès dans la lutte contre l'impunité, Radhika Coomaraswamy note que les conflits armés, outre qu'ils créent directement des victimes de violences sexuelles, créent en outre des conditions rendant les femmes et les enfants vulnérables, notamment les réfugiés des camps, victimes de viols ou d'exploitation sexuelle. Elle rappelle à ce sujet que même des travailleurs humanitaires avaient été accusés de tels abus. La Représentante du Secrétaire général plaide ainsi pour une meilleure protection des camps et des sanctions plus graves contre les auteurs de ces abus. Dans ces conditions, elle défend plus de fermeté afin de dissuader de futures violences sexuelles, tout en insistant sur l'importance des poursuites non seulement pour punir les coupables mais aussi pour permettre aux victimes de cicatriser leurs blessures et apaiser leurs souffrances.

Dans son réquisitoire, Radhika Coomaraswamy soutient que les violences sexuelles contre les enfants représentaient l'une des six catégories de violations graves commises contre les enfants pendant les conflits armés. Ces violences sexuelles contre les femmes et les enfants pendant les conflits armés sont parfois commises parce que leurs auteurs ont décidé de pratiquer le viol comme arme de guerre qui permet de terroriser les populations civiles, a-t-elle rappelé, ajoutant qu'il n'y avait rien de plus terrifiant que le viol des enfants.

Outre la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés, les autres panélistes invités devant le Conseil des droits de l'homme étaient la Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence à l'encontre des enfants, le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, le Directeur de l'Alliance kenyane pour la promotion de l'enfant et une représentante de Save the Chidren.

Les Nations Unies estiment à 150 millions le nombre de petites filles et 73 millions le nombre de petits garçons qui ont subi des relations sexuelles forcées ou autres formes de violences sexuelles.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Radhika Coomaraswamy, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés)