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 9 Février 2010
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Haïti : le besoin de services météo avant la saison des pluies et des ouragans

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) souligne que, pour empêcher de nouvelles catastrophes, Haïti doit disposer au plus vite de services météorologiques opérationnels. En effet, la saison des pluies, avec les risques d'inondation associés, devrait commencer début avril, et la saison des ouragans commence au début du mois de juin. Afin d'empêcher de nouvelles catastrophes dues aux aléas naturels, auxquels le pays est particulièrement exposé, il importe de renforcer sans plus tarder la capacité d'Haïti de produire et de diffuser des informations météorologiques et des messages d'alerte. De fait, les autorités nationales, les organismes humanitaires et de développement et les responsables de la planification des interventions d'urgence et des opérations de relèvement ont impérativement besoin de prévisions météorologiques et d'alertes précoces émanant du Centre météorologique national d'Haïti.

Un enfant haïtien porte un poncho contre la pluie.

Un enfant haïtien porte un poncho contre la pluie.

Comme les installations météorologiques du pays sont devenues inutilisables à la suite du tremblement de terre, les Membres de l'OMM s'emploient à fournir des informations météorologiques concernant Haïti. L'OMM, conjointement avec plusieurs de ses pays Membres et avec son Bureau régional pour l'Amérique du Nord, l'Amérique centrale et les Caraïbes, coordonne le flux d'informations météorologiques à destination d'Haïti, aux fins d'une efficacité optimale et d'un accès ouvert à tous. Ainsi, un certain nombre de pays de la région, dont les États Unis d'Amérique, le Canada et la République dominicaine, fournissent des messages et prévisions indispensables pour la sécurité aérienne et les opérations humanitaires.

L'OMM s'efforce maintenant de faire en sorte que le Service météorologique haïtien dispose des capacités et des compétences de base nécessaires pour traduire et diffuser ces informations à l'intention des décideurs et du public locaux pendant les prochaines saisons des pluies et des ouragans.

Le rétablissement, dans les six à douze mois à venir, de services météorologiques opérationnels de base compte parmi les objectifs essentiels qui figurent dans la version révisée de l'Appel éclair lancé par les Nations Unies et dans différents accords de soutien bilatéraux. Son coût est estimé à un million de dollars des États-Unis, ce qui couvre des moyens essentiels: locaux opérationnels à usage de bureaux (le bâtiment du Centre ayant subi des dégâts importants lors du tremblement de terre), ordinateurs et imprimantes, appareils de communication, remise en état des stations météorologiques automatiques, groupes électrogènes, et séances d'initiation à l'intention des membres du personnel météorologique.

À moyen et à plus long terme, l'OMM assurera la coordination avec les responsables publics, les agences techniques et les partenaires pour le développement afin de rétablir les capacités météorologiques et hydrologiques à l'appui de la réduction des risques de catastrophes et des systèmes intégrés d'alerte précoce multidanger. Cette démarche s'inscrit dans l'évaluation des besoins découlant de la catastrophe et dans la planification en vue de la reconstruction que les Nations Unies et la Banque mondiale dirigeront en collaboration avec la Banque interaméricaine de développement et d'autres partenaires.

En décembre 2009, le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud, s'était rendu à Haïti pour évaluer les investissements qu'il faudrait engager pour renforcer les capacités de réduction des risques de catastrophes et les systèmes d'alerte précoce.
Plus de 90 % des catastrophes qui s'abattent sur Haïti sont à associer aux aléas météorologiques, hydrologiques et climatiques dont la fréquence est élevée: cyclones tropicaux et ondes de tempêtes qui s'y rapportent, crues et crues soudaines, sécheresse, orages et foudre, et glissements de terrain et coulées de boue qu'exacerbent la vaste déforestation et les changements environnementaux. Chaque année, le pays connaît deux saisons des pluies: d'avril à juin, puis d'octobre à novembre, ainsi qu'une saison cyclonique qui débute tôt en juin pour se terminer à la fin de novembre. En 2008, il a subi des pertes considérables sous l'assaut de quatre ouragans (Fay, Gustav, Hanna, et Ike).

(Interview : Michel Jarraud, Secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM)