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Journée mondiale de l'enfance : mettre un terme aux crimes commis en temps de guerre
A l'occasion de la Journée mondiale de l'enfance célébrée ce 20 novembre, et 20 ans après la signature de la Convention relative aux droits de l'enfant, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) demande instamment aux parties à un conflit de respecter pleinement le droit international humanitaire existant ainsi que le droit des droits de l'homme, afin d'améliorer la protection des enfants touchés par les conflits armés, dont le nombre est estimé à un milliard.
« La guerre a des effets dévastateurs sur les enfants. Des fillettes et des garçons, et même des bébés, sont tués, mutilés à vie, emprisonnés ou violés. L'exploitation et les abus restent une triste réalité pour des millions d'enfants souffrant des conséquences des conflits armés », déclare Kristin Barstad, conseillère du CICR pour la protection de l'enfant. « Rien ne peut excuser ou justifier une telle situation. La Journée mondiale de l'enfance est l'occasion idéale de rappeler que les enfants ont le droit d'être protégés et de recevoir une éducation, de la nourriture, de l'eau et des soins de santé, même en temps de guerre. Ceux qui violent les droits des enfants doivent répondre de leurs actes. »
Les enfants risquent aussi de participer aux conflits armés en tant qu'enfants soldats. À travers le monde, le nombre de ceux-ci est estimé à des dizaines de milliers. Si certains rejoignent volontairement des groupes armés, d'autres sont enrôlés de force ou kidnappés. « Ils m'ont offert de l'argent et une arme, et m'ont donné l'occasion de prouver que je valais quelque chose », se souvient Akaash, un Népalais qui a rejoint un groupe armé à l'âge de dix ans. Les enfants peuvent apporter une aide extrêmement précieuse aux groupes armés : ils semblent plus obéissants et plus faciles à manipuler que les adultes, et bien souvent ils sont moins conscients du danger. Dans certains cas, des enfants sont contraints de commettre des atrocités contre des membres de leur famille ou de leur communauté, afin de garantir leur obéissance aveugle et de les couper de leurs racines. Cependant, le fait que certains enfants soldats se rendent coupables de crimes ne devrait pas faire oublier à quiconque qu'ils sont avant tout des victimes.
La République démocratique du Congo (RDC) n'est qu'un des nombreux pays ravagés par la guerre où un nombre incalculable d'enfants ont été victimes de violences sexuelles. Marie a été enlevée par un groupe armé alors qu'elle n'avait que 10 ans, et a été utilisée comme esclave sexuelle. Elle est aujourd'hui âgée de 22 ans et est mère de trois enfants. Bien que sa communauté l'ait rejetée à la suite de l'épreuve qu'elle a traversée, elle a été capable de se construire une nouvelle vie grâce au soutien psychologique que lui a fourni le CICR. « Marie a une force de caractère incroyable, déclare le conseiller du CICR qui l'a suivie. Elle a tourné la page. Elle n'oubliera jamais les abus dont elle a été victime, mais elle les a acceptés. »
« En vertu du droit international humanitaire et du droit des droits de l'homme, les enfants sont protégés contre toutes les formes d'abus telles que le meurtre, la torture, les autres formes de mauvais traitements, la violence sexuelle, la détention arbitraire, le recrutement illégal, les prises d'otage et le déplacement forcé, explique Kristin Barstad. Il y a 20 ans, le 20 novembre 1989, la Convention relative aux droits de l'enfant a été signée. Malheureusement, pour de nombreux enfants des régions en guerre, cette Convention, à l'instar des autres traités applicables tels que les Conventions de Genève, n'ont eu que peu d'impact. Il est temps que les parties aux conflits commencent à respecter leurs obligations. »
Le CICR répond aux besoins spécifiques des enfants dans les pays ravagés par la guerre en fournissant de l'eau, de la nourriture et des abris, en soutenant les hôpitaux et les services de santé de base, notamment par des campagnes de vaccination, en accordant une attention toute particulière aux enfants dans les lieux de détention et en regroupant les familles. En 2008, le CICR a permis à plus de 800 enfants séparés de leurs proches par le conflit, dont 112 enfants soldats démobilisés, de retrouver leurs parents ou d'autres membres de leur famille, et a visité individuellement 1 500 enfants dans des lieux de détention.
(Interview : Kristin Barstad, conseillère du CICR pour la protection de l'enfant; propos recueillis par Alpha Diallo).


