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Sierra Leone : discussion à Londres sur les réparations aux victimes de la guerre
Ouverture ce 18 novembre à Londres d'une conférence sur l'aide et les investissements en Sierra Leone. La communauté internationale entend saisir cette opportunité pour remédier aux graves conséquences découlant des violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international constatées pendant le conflit de 1991 à 2002.
Parmi les organismes présents à cette conférence, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui rappelle que les attentes en matière de réparations pour les victimes de la guerre en Sierra Leone doivent être prises en compte pour que ce pays puisse renouer durablement avec la paix. De telles mesures permettraient d'atténuer le fort ressentiment de la population locale qui perturbe les efforts de paix et de réconciliation nationale. La mise en œuvre d'un programme de réparations, l'une des recommandations clés de la Commission Vérité et Réconciliation de la Sierra Leone (TRC) en 2004, traîne, non seulement à cause des difficultés à définir les critères d'éligibilité et d'identification des victimes les plus vulnérables, mais également en raison du manque de fonds nécessaires à l'aide effective et potentielle.
« La guerre est terminée depuis sept ans. Les anciens combattants qui ont commis ces atrocités ont bénéficié de programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration juste après la fin du conflit. Et le travail de reconnaissance des atrocités qui ont été infligées aux civils, notamment aux femmes et aux enfants, a débuté il y a seulement un an », confie le porte-parole de l'OIM. Sur la totalité des victimes de guerre, les amputés, les blessés de guerre civils, les victimes de violence sexuelle, les veuves de guerre et les orphelins sont considérés comme particulièrement vulnérables et ont urgemment besoin d'aide. Grâce à son expérience concernant les questions de réparations et d'indemnisations ainsi qu'au financement du gouvernement allemand, l'OIM fournit une aide technique à la Commission nationale pour l'action sociale de la Sierra Leone (NaCSA), l'institution du gouvernement chargée de mettre en oeuvre le programme de réparations. Ce programme a également reçu 3 millions de dollars en 2009 de la part du Fonds de consolidation de la paix des Nations Unies et a bénéficié d'une contribution supplémentaire de la part du gouvernement sierra-léonais.
Selon Jean-Philippe Chauzy, le programme a enregistré jusqu'ici 28 000 demandes et un premier paiement de 100 dollars en soutien au microcrédit ou à l'éducation a été versé à 20 000 victimes de guerre, en signe d'engagement dans le processus. Deux cents femmes victimes de violence sexuelle ont pu bénéficier d'opérations chirurgicales pour éliminer les fistules et de traitements médicaux de base ainsi que de sessions de soutien psychosocial et d'évènements de réparation symbolique dans les communautés à travers le pays. A moins de collecter les fonds nécessaires au-delà de la fin de l'année, plusieurs dizaines de milliers de victimes n'obtiendront aucune réparation, renforçant ainsi leur sentiment d'injustice. NaCSA, les Nations Unies et l'OIM travaillent en collaboration sur le problème et recherchent un soutien immédiat pour 2010, dans le cadre d'une stratégie de trois ans qui permettrait au plus grand nombre possible de personnes d'obtenir réparation. Cela permettrait aux victimes de recevoir une formation pour apprendre à produire des moyens d'existence grâce aux micro-subventions, nécessaire aux soins médicaux et à l'éducation des enfants victimes.
(Extrait sonore: Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM à Genève; propos recueillis par Alpha Diallo)


