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 10 Novembre 2009
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Zimbabwe : aide aux victimes de violences sexuelles

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'UNICEF et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) déploient actuellement des efforts afin d'apporter une aide et un soutien aux victimes de violences sexuelles au Zimbabwe.

Photo : UNICEF

Photo : UNICEF

Ces efforts ont été déployés après qu'une mission d'évaluation commune menée en début d'année a permis de révéler que l'instabilité sociale, politique et économique du pays avait conduit à l'augmentation de la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles aux violences et aux abus sexuels.

Les trois organisations se sont réunies afin d'accroitre l'accès à un système de soins et de soutien plus adéquat pour les survivants de violences sexuelles, en réferant ces personnes auprès de centres de soutien appropriés dans des régions qui pour l'instant n'ont pas ce type d'infrastructures.

En effet, le Zimbabwe dispose actuellement d'un seul centre permettant une prise en charge des victimes de viols, qui se situe dans un hôpital central d'Harare, la capitale. Ce centre permet seulement de subvenir aux besoins des personnes résidant dans un secteur limité du pays.

Les déplacements internes de populations ont précarisé et marginalisé d'importants groupes de personnes, dont la plupart sont des femmes et des adolescentes sujettes aux violences sexuelles. Les données recueillies en mai dernier lors de la mission d'évaluation commune à l'OIM, à l'UNICEF et au FNUAP ont montré que la protection des femmes, et plus particulièrement celle des jeunes filles, était une priorité. Cependant, en dépit des conclusions d'une étude menée en 2008 par l'OIM et le FNUAP identifiant la vulnérabilité de ce groupe, les trois organisations manquent de ressources pour intervenir.

Par ailleurs, plus de la moitié des 1 900 personnes, y compris des hommes interrogés à Mberengwa, Mudzi et Mutare dans les provinces de Midlands, Mashonland Oriental et Manicaland respectivement, ont affirmé que les femmes et jeunes filles issues des communautés déplacées et donc vulnérables avaient subi des actes sexuels non consentis. Plus inquiétant encore, une femme sur quatre a déclaré avoir été victime d'abus sexuels à un moment donné dans sa vie alors que 35 pourcent des femmes interrogées ont confié vivre dans la peur du viol.

Quarante six pourcent des répondants ont déclaré ne pas savoir quoi faire pour faire face aux situations de viol, ce qui met en évidence le manque de services d'aide et de soutien aux victimes de violences sexuelles.

En effet, la plupart des victimes ne signalent jamais ce qui leur est arrivé car elles sont souvent rendues responsables des violences et abus sexuels et sont stigmatisées par la société. Le silence dans lequel elles se murent a des conséquences physiques et psychologiques qu'elles doivent affronter seules, et qui mettent parfois leurs vies en danger.

Dans le but d'aider à combler ces lacunes, l'OIM, le FNUAP et l'UNICEF mettront en place des centres dans trois hôpitaux provinciaux et trois hôpitaux dans les districts de Makoni, Mudzi et Mberengwa. Ces centres permettront d'établir un lien entre les communautés locales et les services provinciaux mieux établis mais moins accessibles. Les centres provinciaux seront mis en place dans les hôpitaux des provinces de Gweru, Marondera et Mutare.
Ces centres permettront de fournir des soins, un soutien psychosocial et une aide juridique aux victimes de violences sexistes. Ils cibleront environ 150 000 personnes, en majeure partie des femmes et des enfants, mais également des hommes qui subissent également ces violences.

« Le but est de garantir une approche centrée sur les survivants, en faisant le nécessaire pour leur fournir l'aide dont ils ont besoin », a déclaré Marcelo Pisani, chef de mission de l'OIM au Zimbabwe. « Cette approche vise à accompagner les victimes vers d'autres services si nécessaire ou si la victime en fait la demande, à proposer d'autres services tels que la formation à l'autonomie fonctionnelle et à la génération de moyens d'existence, et à réduire les risques de ces violences dans l'avenir. »

Le FNUAP, qui coordonne le programme, se centrera sur la garantie d'un accès à un espace et à des ressources pour sa collaboration avec l'UNICEF. Cette dernière coordonne, avec l'aide d'ONG partenaires, le soutien psychosocial et les besoins de renvoi des victimes vers des spécialistes.
L'OIM, qui a reçu près de 139 000 dollars de financement de la part du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) fournira elle, avec ses ONG partenaires, une formation à l'autonomie fonctionnelle, à la génération de moyens d'existence et à la gestion des risques pour les survivants. Elle créera également un réseau de travailleurs de proximité au sein de la communauté afin de garantir le renvoi vers des spécialistes et l'accès aux services au niveau communautaire, dans le but d'aider à destigmatiser ces centres et les personnes qui ont besoin de leurs services.

(Interview : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM; propos recueillis par Alpha Diallo)