Syrie : le chef des droits de l'homme s'inquiète de l'escalade des combats dans les zones de désecalade d'Idlib et de la Ghouta orientale

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Une famille fuit un quartier de conflit actif dans l’est de la Ghouta, en Syrie, en utilisant une charrette pour transporter leurs biens. (Photo: UNICEF / Amer Al Shami)

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a condamné mercredi la recrudescence des pertes civiles dans la Ghouta orientale, en Syrie, suite à l’escalade des frappes aériennes et des attaques au sol menées par les forces gouvernementales et leurs alliés.

M. Zeid a également exprimé sa profonde inquiétude face à la situation d’environ deux millions de personnes dans le gouvernorat d’Idlib où les affrontements entre les forces gouvernementales et leurs alliés, d’un côté, et l’alliance Hay’at Tahrir Al-Sham de groupes armés de l’opposition qui contrôle une grande partie de la zone, auraient déplacé des dizaines de milliers de civils. Nombre de ces civils étaient auparavant déplacés des gouvernorats de Hama et d’Alep.

« La souffrance de la population de Syrie ne connaît pas de fin. Dans la Ghouta orientale, où un siège paralysant a provoqué une catastrophe humanitaire, les zones résidentielles sont frappées jour et nuit par des frappes aériennes et aériennes qui obligent les civils à se cacher dans les sous-sols. Des groupes d’opposition armés continuent également de tirer des roquettes sur des zones résidentielles à Damas, provoquant la terreur parmi la population. À Idlib, les attaques au sol et les frappes aériennes se sont intensifiées au fur et à mesure qu’une offensive gouvernementale prend de l’ampleur, compromettant la sécurité de centaines de milliers de civils », a déclaré M. Zeid dans un communiqué de presse.

Depuis le 31 décembre, au moins 85 civils, dont 21 femmes et 30 enfants, ont été tués et au moins 183 blessés dans la Ghouta orientale, à la périphérie de Damas, selon les informations recueillies par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

Dans le gouvernorat d’Idlib, l’insécurité générale et les mesures répressives se sont aggravées à mesure que Hay’at Tahrir Al-Sham se déplace pour consolider son contrôle sur la région.

La Ghouta orientale et Idlib sont considérées comme des ‘zones de désescalade’ négociées en mai par l’Iran, la Russie et la Turquie dans le cadre du processus d’Astana, avec l’objectif déclaré de mettre fin rapidement à la violence et d’améliorer la situation humanitaire.

« Je réitère mon appel aux parties prenantes pour qu’elles respectent rigoureusement le droit international, notamment en protégeant les civils des effets des hostilités et en permettant aux agences humanitaires de bénéficier d’un accès sans entrave pour fournir l’aide dont les civils ont grandement besoin, en particulier dans la Ghouta orientale. Les civils vivent en état de siège depuis quatre ans », a déclaré M. Zeid.

De son côté, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, a entamé mardi à Damas une mission de trois jours en Syrie.

Au cours de sa visite, il doit rencontrer des responsables du gouvernement et d’autres parties prenantes. Il doit aussi se rendre à Homs, où il rencontrera des personnes qui ont besoin d’assistance.

(Extrait sonore : Elisabeth Throssell, porte-parole du Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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22/01/2018
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