Mali: l’insécurité et la violence grandissante porte atteinte aux droits de l’homme

Écouter /

Le Chef de la division des droits de l'Homme, et protection de la MINUSMA Guillaume Ngefa, rencontre les communautés dans la région de Mopti. Photo: MINUSMA

Face à l'insécurité grandissante au Mali, le Chef de la division des droits de l’homme de la MINUSMA, la Mission des Nations Unies déployée dans le pays, Guillaume Ngefa, vient d'effectuer une visite dans la région de Mopti. Cela lui a permis d'évaluer la situation des droits de l'homme sur place. A travers une visite terrain il a pu échanger avec les différentes couches socio-professionnelles, les leaders religieux, les forces de défense et de sécurité, les femmes et les jeunes de Djenne et de Mopti.

Tous les acteurs rencontrés ont relevé la situation sécuritaire préoccupante qui règne, notamment avec la recrudescence des attaques commises par les groupes terroristes actifs dans la région, des cas récents de flagellations ayant même été répertoriés dans certaines localités. Ces cas d'intimidation, de torture et d'autres formes de violence comportent des violations directes des droits de l'homme et portent atteinte au droit à la sécurité de la population de Djenné et limitent leurs libertés fondamentales.

Durant cette visite, il a apporté une attention particulière à la jeunesse, en particulier pour la sensibiliser à la radicalisation et à l'extrémisme violent. En effet, les activités économiques de la région étant au ralenti depuis le début de la crise et la plupart des écoles étant fermées, les jeunes de Djenné sont privés d'éducation mais aussi de sources de revenus. Même l'agriculture et l'élevage semblent des activités compromises. « Aujourd'hui nous avons peur de nous rendre dans les champs car nous y risquons notre vie, il n'y a pas de sécurité, » raconte un participant à la réunion à la Maison des Jeunes de Djenné. Le constat est qu'on assiste à un ralliement progressif de la jeunesse aux groupes terroristes, ainsi qu'à des mariages forcés des jeunes filles de la population locale.

Face à cette insécurité grandissante, le rétablissement de l'autorité de l'État et le redéploiement des forces de défense et de sécurité maliennes semblent la seule solution pour améliorer la situation des droits de l'homme dans le cercle de Djenné. Par ailleurs, comme l'a souligné le Directeur de la DDHP de la MINUSMA, M. Guillaume Ngefa, « le respect des droits de l'homme dans le cadre de la conduite des opérations de contreterrorisme est crucial pour garantir le succès de telles opérations. » L'éducation aux droits de l'homme, des programmes de  déradicalisation des jeunes, de réinsertion socio-économique et de reconversion professionnelle ont également été évoqués comme des outils pour ramener la paix de façon durable.

La MINUSMA compte bien soutenir la population de Djenné à retrouver sécurité et stabilité, à travers des projets à impact rapide ou QIPs, qui amélioreront rapidement le quotidien des populations touchées par la crise, tout en contribuant à la stabilisation et au relèvement du pays.

Un autre aspect de cette mission de la DDHP était d'ailleurs de visiter le projet réhabilitation de la Maison des Jeunes de Djenné, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. « Cette bâtisse était en ruine, inutilisable, abandonnée et les jeunes n'avaient aucun lieu de rencontre, d'échange. Aujourd'hui, la Maison des Jeunes a une programmation d'activités régulière et c'est à nouveau un lieu pour contribuer au développement de notre localité, à la construction de la paix et de la citoyenneté, » a déclaré le président du Conseil de la jeunesse du cercle de Djenné.

(Reportage de Ousmane Diare Touré pour Mikado FM à Mopti)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
22/01/2018
Loading the player ...