Il faut respecter la dignité, l'égalité et les droits de l'homme des migrants, réaffirme le chef de l'ONU

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Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. Photo: ONU/Mark Garten. (archive)

Réagissant aux propos qu'aurait tenus le Président des États-Unis jeudi dénigrant les ressortissants de certains pays, le Secrétaire general des Nations Unies, Antònio Guterres, a réaffirmé vendredi, par la voix de son porte-parole,  sa position de principe en réitirant que « la dignité l'égalité et les droits de l'homme des migrants doivent être respectés ».

Pour le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, s’ils sont confirmés, les commentaires du président des États-Unis sont « choquants et honteux, il n’y malheureusement pas d’autre mot que l’on puisse utiliser, que celui de ‘raciste’ », a affirmé pour sa part vendredi le porte-parole du Bureau des droits de l'homme à Genève, Rupert Colville, en réponse à une question d'un journaliste lors d'un point de presse.

« On ne peut pas exclure des pays et des continents entiers comme étant des ‘pays ou continents de merde’ dont les populations entières –qui ne sont pas blanches–ne sont donc pas les bienvenues », a dit le porte-parole, ajoutant que le commentaire positif sur la Norvège rendait le sentiment sous-jacent très clair.

Selon plusieurs médias américains, le président des États-Unis aurait dénoncé l’immigration en provenance de « pays de merde » tels que Haïti ou des pays africains, lors d'une réunion sur la migration jeudi. Le Président Donald Trump a nié avoir utilisé l'expression « pays de merde ».

Ces commentaires iraient à l'encontre des valeurs universelles que le monde peine à établir depuis la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste, tout comme les « commentaires précédents vilipendant les Mexicains et les Musulmans, les propositions de politiques ciblant des groupes entiers en raison de leur nationalité ou religion, et la réticence à condamner clairement les actions antisémites et racistes des suprématistes blancs à Charlottesville », s'est inquièté le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'homme.

« Ce n'est pas seulement une question de langage vulgaire, mais de validation et d’encouragement du racisme et de la xénophobie, susceptibles de perturber et même de détruire la vie de nombreuses personnes, ce qui est peut-être l'aspect le plus néfaste et dangereux de ce type de commentaire par une personnalité politique majeure » a expliqué le Bureau du Haut-Commissaire.

Le porte-parole a également rappelé l'appel du Haut-Commissaire en septembre demandant au congrès des États-Unis de trouver une solution durable aux « dreamers », soulignant que leur sort ne devrait pas être utilisé comme un levier dans des négociations sur les migrations.

Le Bureau des droits de l’homme s'est dit très préoccupé par la décision de mettre un terme prochainement au « statut de protection temporaire » pour des ressortissants d'El Salvador, d'Haïti et du Nicaragua, vivant aux États-Unis.

(Extrait sonore : Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme)

 

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22/01/2018
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