Haïti : 8 ans après, les effets des catastrophes naturelles sont toujours visibles

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Port-au-Prince après le tremblement du 12 janvier 2010 – Photo UN Photo/Marco Dormino

Le 12 janvier est la date anniversaire du tremblement de terre qui a frappé Haïti et qui a dévasté le pays en 2010. Le séisme a tué plus de 200.000 personnes, et laissé 2,5 millions de sans-abris.

Depuis Haïti a subi d'autres catastrophes naturelles dont l'ouragan Matthew l'année dernière mais aussi l'ouragan Sandy en 2012, sans oublier la sécheresse en 2015. Autant de catastrophes qui ont ravagé les infrastructures mais aussi les systèmes agricoles, alors que les deux tiers de sa population dépendent de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche pour leur subsistance et ces catastrophes naturelles affectent les moyens d'existence des ménages et provoquent des situations d'insécurité alimentaire aigue. Où en est donc le pays 8 ans après?

Selon Nathanael Hishamunda, Représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en Haïti, ce séisme et ces catastrophes naturelles ont affecté le système socio-économique mais aussi les capacités de production agricole et le secteur a du mal à se relever. De plus, ce séisme et ces catastrophes naturelles ont détruit une partie des infrastructures de production et ont aggravé la situation. Malgré les multiples efforts par les gouvernements d’Haïti et la communauté internationale, la sécurité alimentaire et nutritionnelle est encore une problématique majeure.

Selon la dernière classification de la sécurité alimentaire dans le pays, plus de 1,3 million de personnes sont toujours en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Ausis, pour 2018, la FAO a besoin de 22 millions de dollars afin de répondre aux besoins d’urgence de la population.

A la suite du séisme du 12 janvier 2010, la FAO a été amenée à réorienter son programme en Haïti, ce qui a permis de mettre à jour les priorités du pays pour le secteur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.

Ces priorités consistent à soutenir la production agricole locale par un développement participatif afin d’assurer sa pérennité et d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ainsi, la coopération technique de la FAO s’est étendue au fil des années pour prendre en compte tous les domaines liés au développement rural, à la protection de l’environnement, la gestion durable des ressources naturelles et à l’amélioration de la sécurité alimentaire et des conditions de vie de la population vivant notamment en milieu rural.

La FAO a apporté un appui institutionnel et politique au Gouvernement à travers la mise en place d’un recensement général de l’agriculture, la formulation d'une politique visant à stimuler la production agricole, la sylviculture, la pisciculture et l'élaboration d'un plan stratégique pour les questions foncières, notamment en matière de gestion des bassins versants et des terres.

(Interview : Nathanael Hishamunda, Représentant de FAO en Haïti; propos recueillis par Florence Westergard)

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22/01/2018
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