Syrie : Staffan de Mistura regrette qu'il n'y ait pas eu de « vraies négociations »

Écouter /

L'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, M. Staffan de Mistura, montrant une carte de la Syrie lors de la conférence de presse clôturant la 8e série des pourparlers intra-syriens (photo: ONU/V. Martin).

Le huitième cycle des Pourparlers intra-syriens s'est achevé ce jeudi à Genève après des discussions bilatérales du médiateur onusien avec les délégations de l'opposition et du gouvernement syrien. Lors de sa conférence de presse de clôture tenue dans la soirée, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie a regretté qu'il n'y ait pas eu « de vraies négociations ».

 

Selon le Médiateur onusien, « une occasion en or a été manquée » lors de ce 8e round de ces négociations syriennes.  « Il n'y a pas eu de vraies négociations » à Genève, a d'ailleurs ajouté Staffan de Mistura, mettant en avant les discussions bilatérales qui ont eu lieu. En cause, les préconditions posées tout au long du processus par Damas et une délégation gouvernementale qui « n'a pas vraiment cherché à dialoguer ». Selon l'Envoyé spécial de l'ONU en Syrie, Damas n'a pas voulu discuté directement avec l'opposition et s'est tenu au seul thème de la lutte contre le terrorisme. « Malgré beaucoup d'efforts de mon équipe, nous n'avons pas eu de vraies négociations. Nous avons eu cependant des discussions bilatérales. Mais avec le gouvernement nous n'avons eu malheureusement qu'un seul sujet de discussion, le terrorisme », a dit M. de Mistura

Par contre, le diplomate italo-suédois a rappelé l'attitude de l'opposition qui est arrivée unifiée et que ces différentes composantes ont eu des positions unies. Une opposition, qui contrairement à Damas, s'est penchée sur les 4 points à l'ordre du jour. A savoir, la priorité de cette série de pourparlers, notamment l'élaboration d'une nouvelle Constitution et la préparation d'élections « sous la supervision de l'ONU ». Mais aussi les deux thématiques portant sur la mise en place d'une « gouvernance crédible, inclusive et non-sectaire » et les discussions sur le terrorisme.

Interrogé sur les prochaines étapes, le médiateur onusien a déclaré qu'il envisageait de convoquer une nouvelle session de pourparlers à Genève, mais après en avoir discuté avec le Conseil de Sécurité de l'ONU la semaine prochaine à New York. « Le but que nous avons eu et que nous avons encore, est d'avoir de réelles négociations, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité, notamment sur la Constitution et les élections », a-t-il fait remarquer.

Il entend se rendre à New York la semaine prochaine pour faire le point avec le Secrétaire général de l'ONU, mais aussi pour rendre compte au Conseil de sécurité. A l'issue de ces consultations, il espère avancer de nouvelles idées, concernant la constitution et les élections.

Dans tous les cas, Staffan de Mistura n'entend pas baisser les bras face à cette réelle opportunité à saisir, surtout en pensant aux populations syriennes. Il a insisté sur le fait que « l'ONU et Genève sont les seuls lieux mandatés par le Conseil de Sécurité ».  « On peut penser avoir gagné une guerre territoriale, mais il faut aussi savoir gagner la paix », a-t-il mis en garde. Une façon pour le diplomate italo-suédois d'avertir que « faute d'accord, la Syrie court le risque d'une fragmentation.

Par ailleurs, l'Envoyé spécial de l'ONU entend se rendre à Astana. Pour cette huitième série de négociations prévue les 21 et 22 décembre prochains dans la capitale du Kazakhstan, le médiateur onusien souhaiterait y aborder la question des détenus syriens.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
16/01/2018
Loading the player ...