RDC : l'OIM a besoin de 75 millions de dollars pour ses opérations au Kivu et au Kasaï

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Une déplacée congolaise devant un abri dans l'est de la République démocratique du Congo, photo d'archive 2014: HCR / F. Noy

Déplacement de populations, centaines de milliers d'enfants sévèrement malnutris en danger de mort, notamment dans les Kasaï, opérations humanitaires sous financées. Ce sont-là des signaux mis en avant par les agences onusiennes dont l'Organisation international pour les migrations (OIM) qui redoutent une crise humanitaire de grande ampleur en République démocratique du Congo (RDC) en 2018.

« La situation en RDC risque d'être ignorée alors qu'elle est en passe de devenir la plus forte urgence en 2018 », a d'ailleurs déclaré mardi Mohammed Abdiker, Directeur des Opérations et des Situations d'Urgence de l'OIM après une visite la semaine dernière dans ce pays.

Et pour répondre de toute urgence aux besoins croissants des déplacés congolais et des communautés d'accueil dans les provinces du Nord-Kivu, du Tanganyika et du Kasaï, l'Agence des Nations Unies pour les migrations a d'ailleurs lancé, ce mardi à Genève, un appel de fonds de 75 millions de dollars. « Une catastrophe humanitaire menace la RDC et au cours de l'année écoulée, la situation humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) s'est détériorée à un rythme alarmant », a mis en garde Jean-Philippe Chauzy, Chef de mission de l'OIM en RDC.

Selon l'OIM, les combats se sont étendus ces derniers mois à des parties de la RDC qui n'avaient pas connu de tels niveaux de violence depuis le conflit de 1994-2003 qui avait coûté la vie à des millions de personnes.

Cette hostilité à grande échelle entre les communautés a entraîné le déplacement de 4,1 millions de personnes à l'intérieur du pays. « Ce qui fait de la RDC, le pays africain qui a le taux le plus élevé en matière de déplacement interne », fait remarquer l'OIM. Les violences au Sud-Kivu, au Tanganyika et au Kasaï ont à elles seules déplacé 2,5 millions de personnes et de nouveaux déplacements se produisent quotidiennement au Nord-Kivu. En moyenne, plus de 44.000 personnes sont déplacées chaque mois en RDC. Le pays accueille également quelque 600.000 réfugiés des pays voisins, qui ont également besoin de soutien.

Dans ces conditions, l'Agence onusienne plaide pour « un financement solide et une action concertée » qui sont « nécessaires de toute urgence » pour empêcher de nouvelles souffrances.

(Interview : Jean-Philippe Chauzy, Chef de mission de l'OIM en RDC ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/01/2018
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