Sécurité des journalistes: 9 sur 10 auteurs de meurtres de journalistes restent impunis

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(graphique adapté UNESCO)

A l'occasion de la « Journée Internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes » le Secrétaire général de l'ONU a réaffirmé l'engagement de l'Organisation en faveur de la sécurité des journalistes.

« Au cours des dernières semaines, une journaliste d’investigation renommée a été tuée par une bombe qui a piégé sa voiture; une autre a été démembrée au cours de la recherche de son histoire; et un photojournaliste a été retrouvé mort après avoir été forcé de quitter sa maison sous la menace d’une arme», a déploré António Guterres, avant d'annoncer la création d'un «réseau de points focaux de l’ensemble du système des Nations Unies pour proposer des mesures spécifiques visant à intensifier nos efforts pour améliorer la sécurité des journalistes et des professionnels des médias ».

Le chef de l'ONU a lancé un appel « à la justice – à la mémoire de tous les journalistes tués et en reconnaissance de l’importance de médias libres et indépendants pour faire avancer le développement et la paix ».

Dans son message pour la Journée, l'UNESCO a notamment rappelé qu'au cours des onze dernières années, près de 930 journalistes ont été assassinés pour avoir voulu couvrir des évènements et informer le public, et que, dans neuf cas sur dix, les meurtriers restent impunis.

Selon les rapporteurs spéciaux sur les exécutions arbitraires et sur la liberté de la presse, le monde témoigne d’une spirale d’attaques contre les journalistes, « encouragée par le discours de haine, même de la part de hauts responsables politiques ».

Agnès Callamard et David Kaye, ont appelé les États à agir « en paroles et en actes » soulignant que le monde a perdu plus de 30 journalistes suite à des attaques ciblées dans le courant de l'année 2017.

« En plus de prendre vies individuelles et de priver les membres de la famille de leurs proches, ces attaques visent à détruire le rôle de chien de garde du journalisme qui est essentiel aux sociétés démocratiques », ont précisé les experts.

Aussi ils ont affirmé que les agressions contre les journalistes d’investigation, y compris les journalistes indépendants, les pigistes et les blogueurs, sapent la responsabilité officielle et contribue à ancrer la corruption et l'abus de pouvoir.

« Les attaques doivent s’arrêter. Il en va de même pour la diabolisation publique des reportages et des médias spécifiques et des reporters par les dirigeants politiques aux plus hauts niveaux », ont conclu Agnès Callamard et David Kaye.

 

(Mise en perspective : Jérôme Bernard)

 

 

LE DERNIER JOURNAL
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17/11/2017
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