Rohingyas : l’OIM alerte contre l’exploitation, la traite et les abus sexuels des réfugiés au Bangladesh

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Des centaines de Rohingyas ont traversé la rivière Naf quitant le Myanmar pour se réfugier au Bangladesh voisin le 12 novembre 2017. Depuis le mois d’août des centaines de milliers de Rohingyas ont effectué se prériple, fuyant les violences. (© UNICEF/UN0144595/Brown)

La traite des êtres humains, l’exploitation, et les abus sexuels sont monnaie courante pour les Rohingyas réfugiés à Cox Bazaar au Bangladesh, a affirmé mardi l'agence de l'Agence de l'ONU pour les migrations ONU pour les migrations (OIM), se basant sur les interviews et discussions communautaires receuillis dans des abris de fortune du district par l’OIM.

L’agence signale que depuis le 25 août plus de 617.000 réfugiés Rohingyas se sont installés dans Bazar de Cox  mais que l’exploitation de la population Rohingya dans le district a commencé bien avant l'afflux récent.

Selon l'OIM des hommes, les femmes et les enfants désespérés sont recrutés sur la base de fausses offres de travail rémunéré dans divers domaines, y compris de la pêche, des petits commerces, de la mendicité et, dans le cas des filles, de travail domestique.

« Avec presque aucune source de revenu alternative, les réfugiés rohingyas sont prêts à prendre toutes les opportunités qui leur sont offertes, même celles qui sont risquées, dangereuses et même qui impliquent leurs enfants » a expliqué le porte-parole de l'OIM. « Une fois qu’ils commencent le travail, ils constatent généralement qu’ils ne sont pas payés ce qui a été convenu. Ils sont souvent privés de sommeil, obligés de travailler plus d’heures que prévu, ne sont pas autorisés à quitter leur lieu de travail et ne sont pas autorisés à contacter leur famille. Les femmes et les filles sont souvent maltraitées physiquement ou sexuellement. »

Des mariages forcés et précoces ont également lieu parmi la population Rohingya. Pour de nombreuses familles, il s'agirait d'un mécanisme d’adaptation qui offre protection et promotion économique aux jeunes femmes et filles Rohingya, a précisé l’OIM.

Beaucoup de recruteurs sont Bangladais, tandis que d’autres sont Rohingyas, établis dans la région avant l’afflux actuel. Le nombre de criminels et de réseaux de trafiquants opérant dans le district s’est accru avec la population.

La plus grande partie de la traite se déroule à l’intérieur du pays.

Les réfugiés rohingyas ont besoin d’une action préventive et proactive maintenant pour atténuer les risques de la traite des êtres humains, et les survivants ont besoin d’aide, avant que cette spirale ne devienne incontrôlable , a conclu l'OIM.

 

(Extrait sonore : Joel Millman, porte-parole de l'OIM)

 

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24/11/2017
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