Rohingyas au Bangladesh : les préalables du HCR pour un retour « sécurisé et durable » des réfugiés au Myanmar

Écouter /

Hamida, 22 ans (au centre) et son fils Mohammed âgé d'un an, attendent de recevoir de l’aide alimentaire avec des centaines d’autres réfugiés Rohingyas, au camp de Kutupalong, au Bangladesh (photo : HCR / Andrew McConnell)

Après l'annonce faite hier jeudi sur un accord Myanmar-Bangladesh sur le retour des réfugiés rohingyas, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a souligné que ces retours devraient respecter certaines normes internationales.  Le HCR qui n'a pas encore vu les détails de l'accord rappelle tout de même que les réfugiés ont le droit de rentrer chez eux. Mais qu'un cadre leur permettant d'exercer ce droit conformément aux normes internationales sera le bienvenu.

 

Si le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) rappelle que les réfugiés ont le droit de rentrer chez eux, il précise toutefois que les conditions ne sont actuellement pas réunies pour assurer un retour « sécurisé et durable ». Lors d'un point de presse ce vendredi à Genève, le porte-parole du HCR a insisté sur certains préalables pour se conformer aux normes internationales. « Cela signifie tout d'abord que le retour doit être volontaire et se dérouler dans des conditions sûres et dignes ouvrant la voie à des solutions durables », a fait remarquer Adrian Edwards.

Mais à l'heure actuelle, les conditions dans l'État de Rakhine au Myanmar ne sont pas réunies pour permettre des retours sûrs et durables, a souligné le porte-parole de l'organisation, au cours d'une conférence de presse à Genève, au lendemain d'un accord entre les deux pays portant sur un retour « dans les deux mois » des Rohingyas au Myanmar.

Selon Adrian Edwards, « les réfugiés continuent à fuir, beaucoup ont souffert de violences, de viols, ont subi des dommages physiques et de profondes séquelles psychologiques ». « Certains ont vu des membres de leur famille ou des amis mourir sous leurs yeux, la plupart n'ont rien ou très peu pour retourner dans leurs foyers et leurs villages détruits », a insisté M. Edwards. Il a rappelé également « les profondes divisions entre les communautés qui demeurent non résolues » tout en ajoutant que « l'accès humanitaire dans le nord de l'État de Rakhine reste dérisoire ».

Dans ces conditions, « il est essentiel que les retours ne se fassent pas de manière précipitée ou prématurée, sans le consentement en connaissance de cause des réfugiés et sans que les bases pour des solutions durables sur place soient présentes », a encore souligné le porte-parole du HCR. Selon Adrian Edwards, les réfugiés rohingyas « doivent avoir la possibilité de rentrer chez eux et de ne pas être confinés dans des zones spécifiques ».

L'Agence onusienne se dit prête à aider les gouvernements du Myanmar et du Bangladesh à œuvrer en faveur d'une solution durable pour les réfugiés rohingya de Cox Bazar. Mais une solution conforme au droit international des réfugiés et aux normes dans le domaine des droits de l'homme. Environ 620.000 réfugiés rohingyas ont fui au Bangladesh depuis le 25 août.

(Extrait sonore : Adrian Edwards, porte-parole de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
15/12/2017
Loading the player ...