« Nous sommes chez nous, ici », le HCR appelle au droit égal à la nationalité pour les minorités apatrides

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« Nous sommes chez nous, ici » Minorités apatrides en quête de citoyenneté .un rapport du HCR.(© UNHCR / Roger Arnold)

Plus de 75 % des populations apatrides connues dans le monde appartiennent à des groupes minoritaires et si rien n’est fait, leur marginalisation persistante peut être source de ressentiment, alimenter la peur et, dans les cas les plus extrêmes, conduire à l’instabilité, à l’insécurité et à des déplacements de populations, avertit le nouveau rapport du HCR « Nous sommes chez nous, ici » Minorités apatrides en quête de citoyenneté, publié vendredi.

L'étude souligne que la discrimination, l’exclusion et la persécution sont le lot quotidien de nombre des minorités apatrides du monde et appelle à une action immédiate.

« La marginalisation peut piéger les minorités dans des cycles sans fin, que ce soit dans la pauvreté ou l’exclusion, le manque d’accès aux droits humains fondamentaux, le manque d’accès à l’éducation, aux voyages, l’accès à l’emploi etc. L’apatridie amplifie la peur dans laquelle beaucoup de minorités vivent. C’est une situation perdant-perdant. Tout simplement, la situation s'autoalimente et aggrave la situation des gens », a expliqué Carol Bachelor, chargée de la protection internationale au HCR, lors du lancement du rapport.

« Ce n’est pas une situation qui est dans l’intérêt de quelconque État …. Et pour les minorités apatrides, le droit égal à la nationalité, est la seule solution à leur problème », a affirmé la fonctionnaire de l'agence onusienne pour les réfugiés.

 

Pour garantir aux minorités apatrides l’ensemble des droits à la nationalité, la campagne du HCR #IBelong (#J’appartiens) exhorte tous les États à adopter des mesures concrètes y compris faciliter la naturalisation ou confirmer la nationalité des groupes minoritaires apatrides résidant sur leur territoire et garantir l'enregistrement des naissances pour tous afin d'éviter l'apatridie.

Le rapport repose sur des entretiens conduits en mai et juin 2017 avec des personnes appartenant à des groupes minoritaires apatrides, anciennement apatrides ou risquant de le devenir à Madagascar, dans l’Ex-République yougoslave de Macédoine et au Kenya, et qui ont été choisies pour illustrer les problèmes que rencontrent les minorités apatrides dans le monde.

Puisant dans les discussions menées avec plus de 120 personnes, il montre que pour nombre de groupes minoritaires, la cause même de l’apatridie réside dans leur différence : leur histoire, leur apparence physique, leur langue et leur foi.

 

(Extrait sonore: Carol Bachelor, Directrice de la protection internationale HCR)

 

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20/11/2017
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