L'UIP condamne la décision de justice qui interdit le principal parti d'opposition au Cambodge

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Union interparlementaire: Photo: UIP

L’Union interparlementaire (UIP) condamne fermement la décision rendue par la Cour suprême du Cambodge de dissoudre le principal parti d’opposition du pays, le Parti du salut national du Cambodge (CNRP). Par ailleurs, celle-ci interdit toute activité politique pendant cinq ans à 118 hauts responsables du CNRP, dont 53 des 66 parlementaires du CNRP. Ce jugement se fonde sur les récents amendements à la loi sur les partis politiques, qui introduisent des modifications contraires au droit à la liberté d’association et au droit de prendre part à la conduite des affaires publiques en vertu de la Constitution cambodgienne et du droit international.

La décision prise hier s’inscrit dans le contexte d’une répression de plus en plus généralisée de toute forme d’opposition ou de critique à l’encontre du gouvernement à l’approche des élections nationales de 2018. Récemment, les autorités ont également modifié des lois pour leur permettre de redistribuer à d’autres partis politiques les sièges parlementaires et locaux actuellement détenus par les membres du CNRP.

De nombreux politiciens de l’opposition ont été poursuivis et harcelés, notamment le dirigeant du parti, M. Kem Sokha, qui a été emprisonné au début du mois de septembre, et un grand nombre d’entre eux auraient fui le pays à la suite des récentes mesures des autorités prises contre le CNRP.

L’UIP demande à nouveau au Gouvernement cambodgien de faire respecter l’état de droit et d’adhérer au principe de la démocratie libérale pluraliste inscrit dans la Constitution du pays. Les actions des autorités cambodgiennes menacent les fondements de la démocratie de ce pays et remettent en question la légitimité des élections prévues en 2018.

L’UIP exhorte les autorités cambodgiennes à cesser de porter atteinte aux droits fondamentaux des parlementaires de l’opposition et réitère son appel récent demandant la libération immédiate de tous les membres du CNRP détenus, y compris M. Sokha, et la fin du harcèlement dont ils font l’objet.

Il est essentiel que tous les Cambodgiens, y compris ceux qui sont actuellement en exil, puissent participer librement aux activités politiques, y compris aux prochaines élections.

La Déclaration universelle sur la démocratie de l’UIP, adoptée par ses Membres, parmi lesquels le Cambodge, en septembre 1997, énonce les principes fondamentaux de la démocratie, y compris les élections libres et régulières, le respect des droits de l’homme et de l’état de droit, l’égalité des sexes, la liberté d’expression et la nécessité de parlements forts. L’Organisation appelle les autorités cambodgiennes à respecter les principes et valeurs consacrés dans la Déclaration.

(Interview : Gaelle Larroque, chargée des droits de l'homme à l'Union interparlementaire; propos recueillis par Jérôme Longué)

 

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15/12/2017
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