Libye : l'ONU a commencé l'évacuation de migrants et réfugiés africains au Niger

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Des migrants et des réfugiés originaires du continent africain à Sabratha, une ville située à environ 80 kilomètres à l'ouest de Tripoli, la capitale libyenne (Photo: HCR).

Un groupe de 25 migrants originaires d'Erythrée, d'Ethiopie et du Soudan et coincés en Libye dans une situation très vulnérable ont été évacués au Niger. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), cette évacuation de ces « réfugiés extrêmement vulnérables » a été organisée samedi et est la première opération de ce type.

 

Dans un communiqué rendu public tard dans la soirée du samedi, l'Envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée centrale s'est dit « heureux d'annoncer » cette première évacuation « d'un premier groupe de 25 réfugiés extrêmement vulnérables ». Selon Vincent Cochetel, parmi ces 25 réfugiés, il y avait 15 femmes, six hommes et quatre enfants de nationalités érythréenne, éthiopienne et soudanaise. Tous ces demandeurs d'asile africains seront « hébergés dans une maison d'hôtes à Niamey jusqu'à ce que leurs demandes de réinstallation soient traitées ».

Une opération qui a été rendue possible par l'accord signé par les Gouvernements de la Libye et du Niger qui ont rendu possible cette évacuation humanitaire. « Cette mesure vitale pour ces réfugiés extrêmement vulnérables est également un geste extraordinaire de solidarité et de coopération entre le Niger et la Libye », a fait remarquer Vincent Cochetel.

Après cette première opération, Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés « espère être en mesure d'effectuer plus d'évacuations dans un proche avenir ». Toutefois elles resteront d'ampleur limitée tant que les engagements en termes de réinstallation resteront insuffisants. A cet égard, le HCR a réitéré la demande qu'elle avait formulée en septembre dernier. Dans cet appel urgent, le Haut-Commissaire Filippo Grandi avait plaidé « en faveur de la création de 40.000 places le long des routes menant à la mer Méditerranée centrale ». Il avait demandé à la communauté internationale de s'engager sur ces places de réinstallations supplémentaires pour les réfugiés présents dans 15 pays prioritaires le long de cette route de la Méditerranée centrale.

En effet, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) reste persuadé que « ces évacuations de réfugiés ne peuvent qu'être une partie d'efforts plus larges de construction de l'asile et de gestion des migrations pour faire face au mouvement complexe des migrants et des réfugiés qui se lancent dans des voyages périlleux à travers le désert du Sahara et la mer Méditerranée ». « Il est clairement nécessaire de créer davantage de moyens réguliers et sûrs afin de permettre aux réfugiés de trouver la sécurité et la protection internationale, et de s'attaquer aux causes profondes du déplacement des réfugiés », a souligné l'Envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée centrale.

Selon un dernier bilan de l'ONU daté de ce lundi 13 novembre 2017, plus de 152.341 migrants sont arrivés en Europe (dont 114.250 en Italie, 24.739 en Grèce et 12.420 en Espagne) par la Méditerranée cette année et près de 2.992 sont morts ou sont portés disparus lors de cette périlleuse traversée en mer.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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24/11/2017
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