Libye / CPI : l’inaction signale le règne de l’impunité avertit la Procureure

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Fatou Bensouda, la Procureure de la Cour pénale internationale. (UN Photo/Eskinder Debebe

La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a rappelé mercredi à tous les combattants engagés dans la guerre en Libye que son Bureau demeure saisi de la situation dans le pays et qu'il n'hésiterait pas a demandé un mandat d'arrêt pour poursuivre les responsables des crimes relevant du Statut de Rome.

Lors de la présentation de son 14ème rapport sur la Libye devant le Conseil de sécurité, Fatou Bensouda a notamment dénoncé le fait que Daech continue d'opérer dans le pays, et les actions de l'Armée nationale libyenne (ANL), y compris à Derma.

Fatou Bensouda a exhorté le général Khalifa Haftar, chef de l'Armée nationale libyenne, à démontrer son respect du droit international en remettant son commandant al-Werfalli. Mahmoud Mustafa Busayf al-Werfalli est un commandant de la Brigade al-Saiqa de l'armée nationale qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt qui a été émis en août dernier, pour avoir mené des exécutions extrajudiciaires qui auraient été filmées et publiées sur des réseaux sociaux .

La Procureure a averti que la situation en Libye « demeure catastrophique » .

« La situation sécuritaire reste instable avec des affrontements violents entre diverses factions à travers la Libye. Les rapports indiquent que des violations généralisées des droits de l’homme et du droit international humanitaire sont perpétrées par différentes parties au conflit. Souvent, les victimes sont des civils », a expliqué Fatou Bensouda.

Elle s'est notamment attardée sur la découverte récente des corps de 36 hommes dans la localité d'al-Abyar, à 50 kilomètres de Benghazi. Les corps étaient menottés, présentaient des signes de torture et semblaient avoir été abattus d'une balle dans la tête.

La Procureure s'est également inquiétée du déplacement continu des populations dans le pays à l'instar des Tawerga qui n'ont toujours pas pu regagner leurs foyers malgré les accords conclus avec la communauté de Misurata.

« Je note également avec une vive préoccupation les informations faisant état d’homicides illégaux, y compris l’exécution de personnes détenues; les enlèvements et les disparitions forcées; la torture; la détention prolongée sans procès ni autre procédure légale; et la détention arbitraire, la torture, le viol et autres mauvais traitements infligés aux migrants dans les centres de détention officiels et non officiels » a précisé la Procureure.

Fatou Bensouda a souligné que son Bureau manquait de moyens pour mener à bien son mandat.

La Procureure a affirmé que ceux qui font l'objet de mandats d'arrêt de la CPI doivent être détenus et remis à la Cour afin d'être jugés et que l'inaction signalerait aux auteurs des crimes que l'impunité règne.

«Cela, nous ne pouvons pas le permettre », a conclu Fatou Bensouda.

 

(Extrait sonore : Fatou Bensouda, Procureure de la Cour pénale internatioale, CPI)

 

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23/11/2017
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