Climat : 2017 en passe de figurer au palmarès des trois années les plus chaudes

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Une jeune fille de la communauté d'Inupiat sur un morceau de banquise à Barrow, en Alaska, aux États-Unis. Photo UNICEF/Vlad Sokhin

2017 devrait être l'année la plus chaude recensée en l'absence du phénomène El Nino, depuis le début des relevés, indique l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un bilan publié lundi à Bonn à l'occasion de la 23e Conférence climat de l'ONU. « Les trois dernières années sont les plus chaudes qui aient jamais été enregistrées et s'inscrivent dans la tendance au réchauffement à long terme de la planète », souligne le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas, dans un communiqué.

 

La déclaration provisoire de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) sur le climat, qui couvre les mois de janvier à septembre, a été publiée le jour de l'ouverture, à Bonn, de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques. Et selon ce document, il est fort probable que l'année 2017, marquée par de nombreux phénomènes à fort impact parmi lesquels des ouragans et des inondations catastrophiques ainsi que des vagues de chaleur et des sécheresses particulièrement néfastes, se classera parmi les trois années les plus chaudes jamais constatées. Selon l'OMM, l'accroissement des concentrations de dioxyde de carbone, la hausse du niveau de la mer et l'acidification des océans, entre autres indicateurs du changement climatique, se poursuivent sans relâche. L'étendue de la banquise de l'Arctique demeure inférieure à la normale tandis qu'en Antarctique, l'étendue de la banquise, qui était stable auparavant, affichait un minimum record ou quasi record.

D'après cette étude provisoire sur l'état du climat mondial de cette Agence onusienne basée à Genève, la température moyenne à la surface du globe pour les neuf premiers mois de l'année dépassait de quelque 1,1 °C celle de l'époque préindustrielle. Certaines régions – dont l'Italie – d'Europe méridionale, l'Afrique du Nord, une partie de l'Afrique orientale et australe ainsi que la Russie d'Asie ont connu une température moyenne record pour la période considérée, tandis qu'en Chine la température moyenne se classait là aussi au premier rang des plus élevées, mais à égalité avec une année antérieure. En revanche, le nord-ouest des États-Unis et l'ouest du Canada ont affiché une température moyenne inférieure à la normale de la période 1981-2010. Sous l'effet d'un puissant Niño, 2016 devrait conserver son statut d'année la plus chaude, 2015 et 2017 se disputant la deuxième et la troisième place. Enfin, les années 2013 à 2017 sont bien parties pour constituer la période de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée.

Se fondant sur les renseignements communiqués par un large éventail d'organismes onusiens, cette étude fait état des conséquences du changement climatique pour la société, l'économie et l'environnement et s'inscrit dans le cadre d'un projet, conçu à l'échelle du système des Nations Unies, visant à fournir aux décideurs des informations plus complètes, de nature à orienter les politiques, sur les interactions entre les thématiques du temps, de l'eau et du climat et les objectifs mondiaux fixés dans le cadre des Nations Unies.

« Nous avons assisté à des conditions météorologiques exceptionnelles, par exemple des pics de température à plus de 50 °C en Asie, des ouragans d'une intensité record dans les Caraïbes et dans l'Atlantique qui ont atteint l'Irlande, des inondations dévastatrices causées par la mousson et frappant des millions de personnes, ou bien encore une terrible sécheresse en Afrique de l'Est », », a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas, dans un communiqué. « Nombre de ces phénomènes – des études scientifiques approfondies en révéleront le chiffre exact – portent indiscutablement la marque du changement climatique causé par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre engendrés par les activités humaines », a-t-il ajouté.

« Tout cela met en lumière les menaces croissantes qui pèsent sur les populations, l'économie des pays et même sur les mécanismes de la vie sur Terre, si notre action ne devait pas être à la hauteur des objectifs et des ambitions incarnées par l'Accord de Paris », a fait valoir de son côté, Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui accueille la conférence de Bonn.

(Interview : Omar Baddour, Chercheur principal à l’Organisation météorologique mondiale ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
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17/11/2017
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