Yémen : les effets catastrophiques de trois années d'une crise purement créée par l'homme

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Ismail Ould Cheikh Ahmed, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen (Crédit: Photo ONU/Manuel Elias)

Le Conseil de sécurité a examiné mardi matin la situation au Yémen en entendant notamment l'exposé de l'Envoyé spécial du Secrétaire général. Ismail Ould Cheikh Ahmed a rappelé que le conflit qui est entré dans sa troisième année, a été créé de toutes pièces par les parties. Or, son coût humain est dévastateur en raison des frappes aériennes, bombardements et combats dans les zones urbaines où de nombreux civils sont tués et blessés, et les infrastructures détruites.

Selon l'Envoyé spécial, on compte aujourd'hui 15 millions de Yéménites qui n'ont pas un accès adéquat à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène et aux services de santé. De plus, sept millions de personnes sont menacées de famine et deux millions sont déplacées. La situation atteint son paroxysme en raison du fait que le connaît la plus grande épidémie de choléra jamais enregistrée en une année.

Ainsi, pour Ismail Ould Cheikh Ahmed, les Yéménites sont confrontés à trois défis. D'abord, les blocages à l'aide humanitaire, Sana’a refusant ou retardant régulièrement l'entrée du personnel, alors qu'il y a plus de 800 000 cas de choléra et que moins d'un centre de santé sur deux fonctionne.

Le second défi est lié à l'impact des interruptions de salaire des fonctionnaires sur l’insécurité alimentaire et la fourniture des services de base. Ceci affecte un habitant sur quatre.

Enfin, le troisième défi concerne les difficultés à l'importer par mer ou par les airs les biens et carburants afin de satisfaire les besoins alimentaires et énergétiques.

A cela s'ajoute le sous-financement du plan d’intervention humanitaire : seul 1,3 milliard des 2,3 milliards dollars nécessaires pour aider en 2017 12 millions de personnes a été versé.

C'est pourquoi, l'Envoyé spécial a exhorté les États à exercer leur influence pour parvenir à une solution politique tant attendue et forcer les parties à se conformer à leurs obligations et responsabilités en matière de droit international humanitaire et de droits de l’homme. Il faut s'attaquer à la racine du problème et offrir un avenir meilleur aux Yéménites qui ne méritent rien de moins, a-t-il conclu.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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24/11/2017
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