Pacte mondial sur les migrations : débat autour de l'apport démographique et économique de la migration

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Mme Louise Arbour, Représentante spéciale de l'ONU pour les migrations (Photo: ONU)

Les Etats membres des Nations Unies ont entamé, ce jeudi à Genève, la 6e session thématique des discussions sur le Pacte mondial sur la migration. Pendant deux jours, les délégations et les experts se pencheront sur mobilité de la main d'œuvre des migrants. Il s'agit des conséquences de la migration irrégulière et régulière, les enjeux d'un travail décent ou la reconnaissance des compétences et des qualifications des migrants.

« Le Pacte mondial sur les migrations est en fait la chance et la possibilité clé offertes aux Etats pour faire face aux enjeux de la migration. A l'ouverture de ce 6e cycle thématique, Louise Arbour a exhorté les délégations présentes à Genève à s'assurer que ce pacte soit fondé sur certaines réalités, notamment la reconnaissance des mouvements transfrontaliers, mais aussi de facteurs tels que la démographie, l'économie et des aspirations humaines qui conduisent des populations à migrer. Des facteurs à prendre en compte pour mieux gérer la mobilité humaine. En effet, la Représentante spéciale de l'ONU pour les migrations souligne l'importance pour les Etats d'examiner d'abord les réalités démographiques pour mieux comprendre et contextualiser les enjeux du marché du travail.

« Alors que la plupart des migrations sont bien gérées et entreprises par le biais de canaux tout à faits légaux, tous les gens qui souhaitent migrer ne trouvent pas le canal adéquat pour le faire, fait remarquer Louise Arbour. Donc les migrations irrégulières, avec tous les risques qui lui sont inhérents, sont en rapport avec le manque justement de voies de migration sûres et régulières.

Nous avons répété à de nombreuses reprises ici, la prérogative souveraine des Etats de décider qui peut rentrer sur leur territoire, à quelle fin et pendant combien de temps. Et pourtant l'interdépendance claire entre les Etats lorsqu'il s'agit de questions de migration, les invite à examiner les réalités démographiques sur leur marché du travail. Les barrières sur les voies de la migration régulière qui ne tiennent pas compte de ces réalités ont comme résultats inévitables l'émergence et la croissance de migration illégale ».

Au début de la session, le Président de l'Assemblée générale de l'ONU avait rappelé l'importance de la migration comme motrice de croissance économique. Pour Miroslav Lajčák, l'impératif économique de la migration ne doit pas être ignoré. Une façon pour le patron de l'AG des Nations Unies de plaider pour un partenariat devant aboutir à l'adoption d'un vrai accord sur le premier pacte mondial sur les migrations. « Pas seulement d'un accord sur le papier, mais conclu sur la base d'un programme politique », fait-il remarquer. Car selon le diplomate slovaque, « quel que soit la nature de nos passeports, les citoyens du monde ont les mêmes droits ».

Il faut juste rappeler que le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (pacte mondial sur les migrations) doit aboutir à la création d'un cadre de référence intégrant des principes, des directives et des valeurs cibles mondialement reconnus pour faire face aux mouvements migratoires. L'ambassadeur de Suisse auprès des Nations Unies à New York et son homologue mexicain ont été ainsi chargés par le président de l'Assemblée générale de l'ONU de conduire le processus d'élaboration intergouvernemental de ce pacte mondial sur les migrations. De son côté, Louise Arbour est chargée de coordonner le processus au sein du système onusien en sa qualité de secrétaire générale de la Conférence intergouvernementale sur les migrations internationales.

(Extrait sonore : Mme Louise Arbour, Représentante spéciale de l'ONU pour les migrations)

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23/11/2017
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