Maladies non transmissibles : les États s'engagent à atténuer les souffrances et à réduire les décès

Écouter /

Adeniran souffre du diabète de type 2 et reçoit des soins réguliers au centre médical de Lekki, à Lagos au Nigéria (archives). Photo OMS/A. Esiebo

Des chefs d’État et de gouvernement ainsi que des ministres du monde entier se sont engagés mercredi à Montevideo, en Uruguay, à prendre des mesures ambitieuses pour atténuer les souffrances et réduire les décès dus aux maladies non transmissibles (MNT). Il s’agit notamment des maladies respiratoires, du cancer et du diabète, qui sont les principales causes de décès dans le monde.

Dans la capitale uruguayenne, les États membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont ainsi approuvé la Feuille de route de Montevideo pour 2018-2030 sur les maladies non transmissibles en tant que priorité pour le développement durable à l’ouverture de la conférence mondiale de trois jours consacrée aux maladies non transmissibles.

Cet engagement fait suite à un accord entre les dirigeants du monde consistant à réduire d’un tiers les décès prématurés dus aux maladies non transmissibles d’ici à 2030, dans le cadre du Programme de développement durable des Nations Unies.

Selon l’OMS, on dénombre aujourd’hui près de 40 millions de décès annuels causés par les maladies non transmissibles, soit plus que toute autre cause de décès. Sur ces décès, 15 millions surviennent de façon prématurée chez les personnes âgées de 30 à 70 ans, et sept millions se produisent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Mieux lutter contre les effets néfastes des MNT

« Il est choquant de constater la charge croissante que des maladies comme le cancer ou le diabète font peser sur les personnes le moins en mesure d’assumer les coûts des soins de santé », a déclaré le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Les États doivent dans un premier temps tenir les engagements pris en ce qui concerne la prévention de ces maladies, et garantir que les personnes obtiennent les services permettant de les traiter », a ajouté le chef de l’OMS. « L’incapacité à tenir ces engagements impose des coûts considérables sur les individus et les communautés ».

De son côté, le Président uruguayen, Dr Tabaré Vázquez qui a coorganisé la conférence, a déclaré que la Feuille de route de Montevideo représentait un engagement audacieux pris par les états pour protéger les personnes contre les effets néfastes des maladies non transmissibles.

En effet, la Feuille de route de Montevideo met en évidence la nécessité d’une action coordonnée et cohérente de la part de l’ensemble des secteurs de la santé. Les acteurs non étatiques, notamment la société civile et l’industrie ont des rôles importants à jouer. La feuille de route souligne également le fait que la majorité des décès dus aux maladies non transmissibles auraient pu être évités au moyen de mesures de lutte contre le tabac, la pollution de l’air, la mauvaise alimentation, la sédentarité et l’usage nocif de l’alcool – et également par une amélioration de la détection et du traitement des maladies.

Dans ce cadre, il a été rappelé le rôle que pourraient jouer, par exemple, les ministères des finances qui peuvent sauver des vies en prélevant des taxes sur le tabac, l’alcool, et les boissons sucrées, ou en faisant baisser la consommation et en augmentant les recettes pour traiter les maladies non transmissibles. Les accords commerciaux et sur les investissements ne devraient pas servir d’excuse pour ignorer le problème, s’en laver les mains et ne pas protéger la santé publique de nos citoyens.

Les défis sanitaires de la Feuille de route de Montevideo

Dans ces conditions, la Feuille de route de Montevideo a identifié un éventail de défis à relever, notamment, sur la réduction des décès prématurés dus aux maladies non transmissibles. Il s’agit aussi de l’influence du secteur privé sur les états pour accorder la priorité au commerce par rapport aux objectifs de santé publique et l’inscription de la lutte contre les maladies non transmissibles dans tous les domaines de la politique publique.

Mais « une étape cruciale pour l’ensemble des pays consistera à suivre les précurseurs comme l’Uruguay qui ont ratifié le Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac », a ajouté le Dr Tedros. « Le fait de garantir l’entrée en vigueur de ce protocole l’année prochaine est essentiel pour promouvoir l’impact de la Convention-cadre pour la lutte antitabac ».

La Feuille de route de Montevideo orientera les préparatifs en vue de la troisième réunion de haut niveau sur les maladies non transmissibles de l’Organisation des Nations Unies prévue l’année prochaine. La réunion permettra d’évaluer les progrès accomplis par les pays dans la réalisation de la cible consistant à réduire de 25% la mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles d’ici à 2025 et d’un tiers d’ici à 2030.

(Extrait sonore : Mise en perspective par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/11/2017
Loading the player ...