Les abus contre les Rohingyas au Myanmar pourraient constituer des crimes contre l'humanité, selon des experts de l'ONU

Écouter /

 

Rahima fait la queue à Balukhali avec son fils de Yunis, âgé de deux ans et demi, souffrant de malnutrition pour recevoir une aide .(Photo: OIM/M.Mohammed)

Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et le Comité des droits de l’enfant (CRC) ont demandé mercredi aux autorités du Myanmar d’arrêter immédiatement la violence dans l’État de Rakhine du Nord et d’enquêter rapidement et efficacement, et de poursuivre vigoureusement les cas de violence à l’égard des femmes et des enfants.

“Nous sommes particulièrement préoccupés par le sort des femmes et des enfants rohingyas, victimes de graves violations de leurs droits humains, y compris les meurtres, les viols et les déplacements forcés”, ont déclaré les experts dans un communiqué publié aujourd’hui.

“De telles violations peuvent constituer des crimes contre l’humanité et nous sommes profondément préoccupés par l’échec de l’État à mettre fin à ces violations choquantes des droits de l’homme commises à la demande des forces militaires et des autres forces de sécurité, dont les femmes et les enfants continuent de payer le plus lourd  tribu”, ajoutent les experts.

Les Comités demandent aux autorités civiles et militaires du Myanmar de s’acquitter pleinement de leurs obligations en vertu de la Convention relative aux droits de l’enfant et de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, d’exercer leur diligence et de prévenir, d’enquêter, punir et assurer les réparations pour les actes commis par des particuliers ou de milices relevant de leurs juridiction qui enfreignent les droits des femmes et des enfants.

Pour assurer une responsabilité intégrale, les Comités demandent également au Gouvernement du Myanmar d’accorder l’accès et de coopérer pleinement avec la mission d’enquête établie par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies afin de pouvoir mener des enquêtes approfondies et indépendantes.

Les experts ont également souligné que l’apatridie des femmes et des enfants Rohingya ainsi que leurs déplacements prolongés, les avaient exposés à des niveaux élevés de pauvreté et de malnutrition et ont limité leur accès aux droits fondamentaux, y compris l’éducation, l’emploi et les soins de santé, et imposent des restrictions à leur liberté de mouvement.

“Nous exhortons les autorités du Myanmar à répondre aux besoins des femmes et des enfants Rohingya déplacés à l’intérieur du pays, ainsi que des femmes réfugiées Rohingya et des enfants vivant dans des camps dans les pays voisins, avec le soutien de la communauté internationale”, ont déclaré les experts.

“Cela devrait inclure la fourniture de l’assistance nécessaire et la création de conditions adéquates pour assurer leur retour rapide et durable à leurs lieux d’origine, s’ils le souhaitent, en toute sécurité et dignité”.

Les Comités demandent également au Gouvernement du Myanmar d’accorder l’accès et de coopérer pleinement avec les organismes d’aide humanitaire.

(Interview : Renate Winter, Présidente du Comité des droits des enfants; propos recueillis par Cristina Silveiro)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/11/2017
Loading the player ...