La stigmatisation et la discrimination entravent l’accès des séropositifs aux services de soins, selon l'ONUSIDA

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Des patients séropositifs à la clinique Shekhina pour les pauvres et les indigents à Tamale, au Ghana. Photo: Banque mondiale / Jonathan Ernst

La stigmatisation et la discrimination créent des obstacles à l’accès aux services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH et mettent ainsi la vie des personnes séropositives en danger, selon un nouveau rapport publié mardi par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).

Ce rapport, intitulé ‘Face à la discrimination : surmonter la stigmatisation et la discrimination liées au VIH dans les milieux de soins de santé et au-delà’, a été présenté par le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, lors du Forum social du Conseil des droits de l’homme qui se déroule cette semaine à Genève.

Le document montre que les personnes vivant avec le VIH et rencontrant des taux élevés de stigmatisation liée à leur séropositivité ont plus de deux fois plus tendance à retarder leur inscription aux soins que les personnes qui ne perçoivent pas de stigmatisation liée au VIH.

« Lorsque les personnes qui vivent avec le VIH, ou risquent de l’être, sont victimes de discrimination dans les milieux de soins de santé, elles se cachent. Cela entrave sérieusement notre capacité à offrir aux personnes séropositives des services de dépistage, de traitement et de prévention », a déclaré M. Sidibé. « La stigmatisation et la discrimination sont un affront aux droits de l’homme et mettent en danger la vie des personnes vivant avec le VIH ».

Souvent, les personnes vivant avec le VIH évitent de se rendre dans des cliniques de peur que leur statut soit révélé ou de peur d’être victimes de stigmatisation et de discrimination en raison de leur séropositivité. Dans les 19 pays disposant de données disponibles, une personne sur cinq vivant avec le VIH a évité d’aller dans une clinique ou un hôpital parce qu’elle craignait une stigmatisation ou une discrimination liée à sa séropositivité. Lorsque les personnes vivant avec le VIH attendent d’être très malades pour chercher de l’aide, elles sont moins susceptibles de bien réagir au traitement antirétroviral.

Le rapport souligne que ces craintes ne sont pas infondées. Dans les 19 pays disposant de données disponibles, une personne sur quatre vivant avec le VIH a connu une discrimination dans les milieux de soins de santé et une personne sur trois vivant avec le VIH a connu au moins une forme de discrimination liée à sa santé sexuelle et reproductive dans les établissements de santé.

Lorsque des programmes ont été mis en place pour répondre à la stigmatisation et à la discrimination, l’accès aux services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH s’est amélioré, note le rapport.

(Mise en perspective : Jérôme Bernard)

(Mise en perspective : Jérôme Bernard)

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24/11/2017
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