Haïti: le départ de la MINUSTAH est un moment pour « tourner la page »

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La MINUSTAH a fourni un soutien logistique pour les élections en Haïti.(Photo ONU/Logan Abassi)

« Le départ de Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti représente un moment pour tourner la page en Haïti et un moment pour permettre qu’Haïti continue d’aller de l’avant », a déclaré la Représentante spéciale des Nations Unies pour Haïti et cheffe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Sandra Honoré, à quelques jours de l’arrivée à terme du mandat de la Mission.

La MINUSTAH a été créée en 2004 par le Conseil de sécurité, suite à une période de troubles sociaux dans le pays, pour apporter un appui aux autorités et aux Haïtiens et fournir un environnement de stabilité et de sécurité.

Le mandat de cette mission de paix comprenait la professionnalisation de la police, le renforcement de l’Etat de droit et la promotion et protection des droits de l’homme, ainsi que les bons offices de la Représentante spéciale du Secrétaire général.

« Le fait que le Conseil ait pu décider de la fermeture de la MINUSTAH indique que les éléments du mandat ont été atteints », a affirmé Sandra Honoré lors d’un entretien à ONU Info. « Haïti en 2017 est un pays complètement diffèrent de ce qu’il était en 2004. Il y a un niveau de sécurité qui permet aux citoyens de vaquer à leurs affaires d’une manière beaucoup plus libre qu’en 2004. Ceci est dû au travail de professionnalisation avec la police nationale d’Haïti ».

La cheffe de la MINUSTAH ajoute par ailleurs que pour les Haïtiens le climat sécuritaire est l’apport le plus

Sandra Honoré, cheffe de la MINUSTAH (Saisie d’écran:ONU)

important de la MINUSTAH, « en dépit des manifestations qu’on a commencé à voir à partir du mois dernier où il est aussi clair qu’évident que la police nationale est à même d’exercer toute son autorité pour contrôler l’ordre public ».

« Le pays se trouve dans une phase où il peut se concentrer sur le travail de développement pour créer un environnement propice aux investissements… pour créer les emplois qui sont nécessaires pour aider le développement socio-économique », a affirmé Sandra Honoré.

Des faiblesses persistent toutefois en matière d’Etat de droit et du système de justice. Le Conseil de sécurité a créé la MINUJUSTH, une nouvelle mission des Nations Unies axée sur le renforcement de l’Etat de droit, du système de justice et la promotion et protection des droits humains. MINUJUSTH sera composée de jusqu’à sept unités de police avec 295 agents de police individuels. Son mandat initial de six mois démarre le 16 octobre 2017, au lendemain de la fermeture de la MINUSTAH.

« C’est mon espoir que Haïti, les autorités, l’administration et la société civile vont se servir de cette occasion présentée par le travail de la MINUJUSTH pour avancer et consolider l’Etat de droit dans le pays », a évoqué la Représentante.

Concernant la lutte contre l’épidémie du choléra, apparue dans le pays en 2010, la Représentante a affirmé que l’appui du système des Nations Unies continuerait au-delà du retrait de la MINUSTAH.

« La MINUSTAH n’était qu’un élément du travail des Nations Unies aux côtés du peuple haïtien et des autorités haïtiennes », explique la Représentante spéciale soulignant que le Secrétaire général a nommé une Envoyée spéciale qui se chargera notamment de la mise en œuvre de la nouvelle approche de l’ONU contre le choléra adoptée en fin 2016.

Pour la cheffe de la MINUSTAH les rapports entre les Nations Unies et la population haïtienne sont très positifs.

« Les Nations Unies ont pu aider Haïti dans des moments clefs, tels suite au tremblement de terre en 2010, suite aux ouragans en 2008 et 2016 », explique-t-elle. « La population haïtienne reconnaît la contribution que les Nations Unies ont fait et apprécie le travail et l’appui que les Nations Unies peuvent continuer à fournir au pays ».

Pour la Représentante spéciale, qui a pris ses fonctions en juillet 2013 à un moment où le processus électoral était au « point mort » et le Parlement ne fonctionnait pas, le moment le plus fort de son mandat a été le mois de mars 2017, qui a « représenté en quelque sorte le terme d’un long travail que la Mission a fait aux côtés des autorités et du peuple haïtiens qui a mené à une période de beaucoup plus de stabilité».

 

 

(Interview: Sandra Honoré, Représentante spéciale des Nations Unies pour Haïti et cheffe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH); propos recueillis par Cristina Silveiro)

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17/11/2017
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