Enfants et conflits armés: le Conseil de sécurité cherche à renforcer son action

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Deux garçons parmi les 357 enfants soldats libérés par les milices anti-Balaka et les groupes armés ex-Séléka en République centrafricaine le 14 mai 2015. (Photo: UNICEF RCA/Donaig Le Du)

Le Conseil de sécurité a adopté mardi une déclaration présidentielle renforçant son engagement en faveur des enfants dans les conflits armés, lors d'une réunion examinant leur sort, sur la base du rapport du Secrétaire general relatif  à la question.

En ouvrant les travaux de la réunion, le Secrétaire général des Nations Unies  a déploré que les enfants continuent de souffrir suite aux conflits armés, soulignant que malgré les progrès en matière de protection, 2016 avait vu le plus grand nombre de victimes d’enfants jamais enregistrées par l'ONU en Afghanistan; la multiplication par deux des cas vérifiés de recrutement et d’utilisation d’enfants en Syrie et en Somalie; et des violences sexuelles généralisées contre les enfants en République démocratique du Congo, au Nigeria, au Soudan du Sud et ailleurs.

António Guterres a notamment appelé à redoubler les efforts en faveur des enfants dans les conflits armés, y compris pour la réinsertion des enfants recrutés.

Pour sa part, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, Jean-Yves Le Drian, qui présidait la réunion à laquelle près 80 orateurs se sont inscrits, a appelé le Conseil à jouer pleinement son rôle dans la protection des plus de 230 millions d'enfants qui vivent encore aujourd'hui dans des zones de conflit , « recrutés, séparés de leur familles, privés d'éducation de soins et de liberté ».

Il a en outre signale le changement de méthodes dans l'utilisation et l'exploitation des enfants dans les conflits armés.

« Il faut dire les choses : les enfants sont désormais les cibles et les outils de la terreur. Ils subissent de plein fouet les conflits asymétriques qui caractérisent notre époque… les groupes armés non-étatiques sont de loin majoritairement responsables de ces violations. Sur environ 15 000 violations, 11 500 sont de leur fait. La situation en Syrie, en Afghanistan, en Irak, en Somalie, au Yémen, nous le rappellent tristement. Parmi eux, les groupes terroristes sont particulièrement responsables de ce terrible changement d'échelle » a déclaré le Ministre des affaires étrangères français.

« Nous constatons aussi que les méthodes de recrutement se sont diversifiées : à l'embrigadement forcé s'ajoute la radicalisation et le recrutement sur internet. L'utilisation, ou plutôt l'exploitation des enfants a aussi évolué : ils sont désormais utilisés comme bombes humaines ou comme boucliers humains. Les filles, plus particulièrement, subissent des violences sexuelles, elles sont réduites en esclavage ou vendues par des réseaux de traite, mariées de force et doivent subir des grossesses forcées. Nous gardons tous en mémoire le sort des enfants yézidis d'Iraq, ou des filles de Shibok au Nigéria », a-t-il regretté.

Jean-Yves Le Drian qui a affirmé que « l'indignation ne suffit pas » et que « les mots doivent conduire aux actes » avant de présenter un plan de renforcement de l'action du Conseil en cinq axes, y compris la lutte contre l'impunité et le recueil d'informations.

(Extrait sonore : Jean-Yves Le Drian, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France)

 

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24/11/2017
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