Décès de Dag Hammarskjöld en 1961 : un expert juge plausible qu'une attaque soit la cause du crash de l'avion

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Le Secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjöld lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU le 24 mars 1960. Photo ONU

L’expert chargé d’examiner toute nouvelle information potentielle permettant de clarifier les circonstances de la mort tragique du deuxième Secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, en 1961, estime dans les conclusions d’un rapport rendu public mercredi que la cause du crash de l’avion qui transportait M. Hammarskjöld pourrait être une attaque extérieure.

Le rapport de cet expert, Mohamed Chande Othman, a été remis par l’actuel Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, au Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, avec ses propres observations sur les progrès réalisés concernant les conditions et les circonstances du décès de Dag Hammarskjöld et des gens qui l’accompagnaient, a indiqué le porte-parole adjoint du M. Guterres, Farhan Haq, dans une déclaration à la presse.

M. Othman a été nommé par M. Guterres en février 2017 comme Éminente Personnalité dans le cadre de l’enquête sur la mort de M. Hammarskjöld et de la délégation qui l’accompagnait sur le vol SE-BDY qui s’est écrasé près de Ndola, en Rhodésie du Nord (actuelle Zambie) dans la nuit du 17 au 18 septembre 1961.

Ancien Juge en chef de la Tanzanie, M. Othman est familier de cette question, ayant occupé les fonctions de Président du Groupe d’experts indépendant de 2015 sur la disparition du second Secrétaire général.

En qualité d’Éminente Personnalité, M. Othman a pour mandat d’examiner toutes nouvelles informations potentielles qui peuvent être mises à disposition par les États membres, afin d’évaluer leur valeur probante, de déterminer la portée de toute autre enquête et, si possible, de tirer des conclusions des enquêtes menées par le passé.

« L’Éminente Personnalité a conclu dans son rapport qu’il est presque certain que Dag Hammarskjöld et les membres du groupe qui l’accompagnait n’ont pas été assassinés après l’atterrissage et que tous les passagers sont morts des suites de blessures subies lors de l’accident, soit instantanément, soit peu après », a expliqué le porte-parole adjoint.

« En ce qui concerne la cause de l’accident, l’Éminente Personnalité a estimé qu’il est plausible qu’une attaque ou une menace externe en ait été la cause. L’Éminente Personnalité a également noté qu’il reste possible que l’accident soit un accident causé par une erreur du pilote sans interférence extérieure et qu’il est plausible que des facteurs humains, dont la fatigue, aient joué un rôle dans l’accident », a-t-il ajouté.

Sur la base des conclusions de M. Othman, le Secrétaire général est d’avis que les informations communiquées à l’ONU à ce jour ont été insuffisantes pour tirer des conclusions sur la ou les causes de l’accident. Le Secrétaire général considère également qu’il semble probable que des informations supplémentaires importantes existent.

En particulier, le chef de l’ONU « appelle les États membres à fournir des informations et approuve la recommandation de l’Éminente Personnalité qui suggère que les États membres désignent un haut fonctionnaire indépendant chargé de mener un examen interne spécifique de leurs archives, en particulier de leurs archives de renseignements, de sécurité et de défense, en vue d’assurer un accès complet à l’information pertinente et d’établir ce qui s’est passé en cette nuit fatidique », a conclu son porte-parole adjoint.

(Extrait sonore : Mise en perspective par Jérôme Longué)

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22/11/2017
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