Bangladesh : campagne de vaccination contre le choléra dans les camps de réfugiés rohingyas

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Des réfugiés Rohingya à leur arrivée près du village d’Anzuman Para, Palong Khali, au Bangladesh (Photo : UNHCR / Roger Arnold)

L'afflux des Rohingyas ne faiblit pas à Cox Bazar et plus de11.000 réfugiés ont réussi à traverser la frontière entre le Myanmar et le Bangladesh hier lundi. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, au total, ce sont plus de 520.000 Rohingyas qui s'entassent dans des camps de fortune bangladais, après avoir fui l'Etat de Rakhine. Et pour ceux et celles qui vivent dans des camps informels et des installations spontanées, les conditions d'hygiène sont inquiétantes. C'est dans ce contexte que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont lancé de concert, ce mardi, une vaste campagne préventive contre le choléra.

 

« C'est la plus vaste campagne de vaccination orale contre le choléra jamais menée au monde depuis Haïti en 2016 quand 800.000 personnes ont été immunisées ». Lors d'un entretien téléphonique avec ONU-Infos, le porte-parole de l'UNICEF a tenu à rappeler l'importance de cette lutte contre une épidémie de diarrhée dans les camps du Bangladesh. Selon Christophe Boulierac, l'UNICEF, l'OMS et les autorités sanitaires bangladaises ont débuté ce mardi dans les camps de Rohingyas au Bangladesh pour tenter d'immuniser 650.000 de ces réfugiés du Myanmar vivant dans des conditions insalubres, faisant craindre une catastrophe sanitaire si une épidémie éclatait.

Des réfugiés qui manquent généralement de toilettes adéquates et d'infrastructures d'acheminement d'eau. Or « dans ce type de situation, le risque est l'apparition de maladies d'origine hydrique et donc d'une épidémie de choléra », mettent en garde les agences onusiennes.  Pour cette campagne préventive, plus de 900.000 doses de vaccins sont prévues. Au cours des prochaines semaines, les humanitaires vont vacciner 650.000 Rohingyas, puis dans une seconde phase administrer une seconde dose de vaccin à 250.000 enfants entre 1 et 5 ans.

Parmi les récents afflux de réfugiés, les autorités du Bangladesh ont signalé 10.292 cas de diarrhée, bien que l'incidence réelle soit certainement beaucoup plus élevée. « Mais aucun cas de choléra confirmé n'a été notifié », précise pour autant Christophe Boulierac.

« Le choléra est une maladie dangereuse, en particulier chez les enfants vivant dans des conditions précaires et peu hygiéniques. La prévention est essentielle », fait d'ailleurs remarquer Edouard Beigbeder, Représentant de l'UNICEF au Bangladesh. « La vaccination d'urgence sauve des vies. Le risque de choléra est clair et présent », a ajouté Dr. Paranietharan, Représentant de l'OMS au Bangladesh. “.

Pour aider à répondre aux besoins actuels en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène, les agences onusiennes ont intensifié leurs interventions sur le terrain tout en menant des campagnes de sensibilisation sur de bonnes pratiques sanitaires. L'autre volet de la prévention contre le choléra consiste à un suivi de la qualité de l'eau ou la mise au point d'un système de surveillance d'alerte précoce et le pré-positionnement de fournitures d'urgence.

Depuis le début des violences dans l'État de Rakhine, à la fin du mois d'août, près de 520.000 réfugiés ont cherché refuge au Bangladesh, rejoignant ainsi environ 300.000 réfugiés rohingyas qui y sont hébergés depuis les années 1990. La plupart des nouveaux arrivants vivent dans des villes informelles de huttes de fortune faites de piquets de bambou tenant des bâches en plastique, dont les installations d'eau potable ou d'assainissement ne sont pas "optimales.

(Interview : Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/11/2017
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