Au Bangladesh, le HCR et ses partenaires font leur possible pour endiguer une épidémie de diarrhée

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A Cox's Bazar, au Bangladesh, une femme reçoit de la nourriture de l'ONU et de ses partenaires après avoir fui le Myanmar. Photo: PAM / Saikat Mojumder

Alors que plus d’un demi-million de Rohingyas ont trouvé refuge au Bangladesh, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR), les autorités bangladaises de santé publique et leurs partenaires œuvrent sur plusieurs fronts pour contenir une épidémie de diarrhée et traiter les personnes malades.

« Nous avons observé une tendance à la hausse des cas de maladies diarrhéiques, y compris les cas de diarrhée avec déshydratation sévère », a déclaré mardi un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d’un point de presse à Genève.

Bien qu’il n’y ait pas encore de statistiques fiables sur les cas de diarrhée aqueuse aiguë chez les réfugiés nouvellement arrivés au Bangladesh, le HCR a pris des mesures pour tenter de prévenir les maladies graves et les décès. Ces mesures comprennent l’installation de 32 puits et de 250 latrines.

« Il est essentiel de fournir de l’eau potable, afin que les personnes ne boivent pas d’eau contaminée ou ne se baignent pas dans des étangs et des cours d’eau contaminés », a prévenu M. Mahecic.

Ouvertures de centres médicaux

Jusqu’à présent, les réfugiés atteints de diarrhée étaient traités dans des dispensaires gérés par le HCR et d’autres organismes, ainsi que dans des centres de soins locaux. Lundi, l’agence onusienne a ouvert un centre de traitement contre la diarrhée d’une capacité de 20 lits dans le camp de réfugiés de Kutupalong, situé dans le sud-est du Bangladesh.

« D’ici la fin de cette semaine, nous disposerons d’un total de 80 lits dans des centres de traitement de la diarrhée dans trois localités, et nous prévoyons d’ouvrir deux autres centres la semaine prochaine », a déclaré le porte-parole du HCR.

Le personnel de l’agence onusienne, accompagné de volontaires réfugiés, a commencé mardi à parcourir le camp de Kutupalong et les installations informelles à proximité pour identifier des réfugiés qui pourraient être malades mais qui n’ont pas cherché à se faire soigner.

Cette semaine, le HCR prévoit également d’ouvrir des centres de consultation médicale proposant des soins de réhydratation orale sur le second site de 809 hectares de ‘Kutupalong Extension’ où un grand nombre de réfugiés sont regroupés pour recevoir de l’aide. « Dans ces plus petits centres, les réfugiés souffrant de déshydratation modérée peuvent être traités immédiatement, et ceux qui ont besoin d’un traitement intensif peuvent être orientés vers de plus importantes cliniques pour recevoir un traitement contre la diarrhée », a précisé M. Mahecic.

Le HCR apporte également son appui au Ministère bangladais de la santé pour vacciner les réfugiés contre le choléra. Endémique au Bangladesh, le choléra peut facilement se propager à tout moment, lorsque des centaines de milliers de personnes vivent à proximité immédiate sans suffisamment d’infrastructures de traitement des eaux usées.

Recensement des réfugiés

Afin d’accélérer l’acheminement de l’aide aux réfugiés, le HCR et la Commission bangladaise d’aide aux réfugiés et de rapatriement (RRRC) vont recenser les familles rohingyas nouvellement arrivées.

Une centaine de recenseurs fraîchement recrutés commenceront mercredi à faire du porte-à-porte dans les abris de réfugiés pour recenser chaque jour quelque 1.000 familles (soit environ 5.000 personnes).

Chaque famille recensée recevra une carte comportant le logo du RRRC. Ce processus permettra au gouvernement, au HCR et à d’autres agences de cibler l’aide sur les personnes qui en ont besoin. Le recensement permettra ainsi d’identifier les réfugiés ayant des besoins particuliers en matière de protection, tels que les femmes enceintes, les mères allaitantes, les personnes handicapées ou les réfugiés âgés seuls.

Pont aérien organisé par le Royaume-Uni et l’OIM

Le Royaume-Uni, en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a organisé les 28 et 29 septembre un pont aérien humanitaire vers la ville de Chittagong, au sud du Bangladesh.

L’aide acheminée par le Département britannique du développement international (DFID) comprend 20.000 couvertures, 10.500 matelas et 10.000 kits d’abris destinés à environ 507.000 réfugiés rohingyas vivant sur des sites improvisés ou dans des champs de boues.

Sur place, des camions de l’OIM ont réceptionné l’aide à l’aéroport de Chittagong. L’agence des Nations Unies pour les migrations et les ONG locales partenaires distribuent actuellement l’aide aux réfugiés nouvellement arrivés.

« Des milliers de personnes vivent à l’air libre. Nous devons leur fournir immédiatement un abri », a déclaré le directeur des opérations et des urgences de l’OIM, Mohammed Abdiker, précisant que les produits acheminés par le pont aérien permettront de protéger 50.000 personnes des vents et pluies torrentielles de la saison de la mousson.

A 150 kilomètres au sud de Chittagong, les besoins en matière d’hébergement et de gestion de sites pour les réfugiés sont immenses à Cox’ Bazar. L’OIM, le Royaume-Uni et leurs partenaires s’emploient à répondre rapidement à ces besoins d’urgence.

Sur les 507.000 réfugiés arrivés au Bangladesh au cours du dernier mois, environ 300.000 personnes n’ont pas encore de toit sous lequel se protéger.

(Mise en perspective par Jérôme Longué)

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20/11/2017
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