Syrie : Damas tenu responsable d'une attaque au gaz sarin en avril (ONU)

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Des enquêteurs de l'ONU ont indiqué mercredi pour la première fois que le gouvernement syrien était responsable de l'attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun en avril dernier. Une attaque qui avait fait plus de 80 morts. Selon la Commission d'enquête de l'ONU, cette attaque chimique a été menée par l'aviation syrienne.

 

La Commission d'enquête de l'ONU a publié, mercredi à Genève, son 14e rapport sur la situation des droits de l'homme en Syrie. Selon le Président de la Commission, les forces aériennes syriennes ont utilisé du gaz sarin «le 4 avril, dans le cadre d'une campagne aérienne au Nord de Hama et au Sud d'Idlib. Un raid aérien qui a tué plus de 80 personnes, la plupart étant des femmes et des enfants». « L'utilisation du gaz sarin à Khan Cheikhoun le 4 avril par les forces aériennes syriennes constitue des violations du droit international humanitaire », avertit Paulo Pinheiro.

Ce dernier indique que « toutes les preuves disponibles permettent de conclure qu'il existe des motifs raisonnables de croire que les forces aériennes ont lancé une bombe dispersant du gaz sarin ». Elles ont aussi mené trois autres attaques chimiques de mars à début juillet à Idlib, Hama et dans la Ghouta orientale, relève la Commission d'enquête indépendante. Dans ces conditions, elle demande au gouvernement de Damas «de mettre un terme immédiatement» à l'utilisation de ce type d'armement.

En outre «la vaste majorité des incidents dans lesquels des civils ont été tués» ont été menés avec des «armes non conventionnelles», a insisté M. Pinheiro. La Commission met aussi en cause le déplacement forcé de populations de plusieurs villes assiégées après des accords d'évacuation. La Commission d'enquête dénonce aussi les abus perpétrés par les rebelles ou par plusieurs groupes terroristes dont les djihadistes de l'Etat islamique (EI).

Les enquêteurs onusiens estiment par ailleurs que les Etats-Unis n'ont pas pris «toutes les précautions possibles pour protéger les civils» en bombardant une mosquée à Al-Jinah, près d'Alep. Ce raid a violé le droit international humanitaire, selon l'équipe de Paulo Pinheiro. «L'évaluation de la cible n'a pas été adaptée», alors que l'attaque avait été décidée trois jours avant qu'elle ait lieu, selon M. Pinheiro. La Commission entend également poursuivre ses investigations sur l'offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par cette coalition menée par les Etats-Unis, pour reprendre Raqqa à l'EI. La Commission doit enfin se prononcer sur l'utilisation de boucliers humains par Daech à Raqqa et sur la vente de femmes yézidies.

(Extrait sonore : Paulo Pinheiro, Président de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie)

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19/10/2017
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