Rohingyas au Myanmar: le Chef des droits de l'homme de l'ONU dénonce un vraisemblable « exemple classique de nettoyage ethnique »

M. Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, lors de l’ouverture de la 36e session du Conseil des droits de l’homme (photo: Photo: ONU / J.M. Ferré).

Selon les dernières estimations des Nations Unies, plus de 300.000 personnes, la plupart des musulmans de la minorité Rohingya, se sont réfugiées au Bangladesh pour fuir les violences à Rakhine. Cette situation au Myanmar s'est d'ailleurs invitée ce lundi à l'ouverture de la 36e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. A Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a appelé Naypyidaw à mettre un terme à son opération militaire cruelle et aux « discriminations généralisées » dont souffrent les Rohingyas.

 

Le Chef des droits de l'homme de l'ONU a jugé « disproportionnée » la réponse du Myanmar suite aux attaques meurtrières des rebelles rohingyas contre la police fin août dans l'Etat de Rakhine. Devant le Conseil des droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein s'est préoccupé de ces informations faisant état d'exécutions extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite. Il indique avoir reçu également « de multiples rapports et des images satellitaires montrant des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages rohingyas.  Le Haut-Commissaire Zeid invite d'ailleurs Naypyidaw «  à cesser de prétendre que les Rohingyas mettent le feu à leurs propres maisons »,  dénonçant ainsi un « déni complet de la réalité ».

De façon générale, Zeid Ra'ad Al Hussein juge que le traitement infligée aux rohingyas s'apparente à un « exemple classique de nettoyage ethnique ». Il s'est même dit « consterné par les informations selon lesquelles les autorités du Myanmar ont commencé à poser des mines le long de la frontière avec le Bangladesh ». Une façon d'empêcher les réfugiés qui ont fui la violence à revenir sans donner des preuves de leur nationalité. Selon le Chef des droits de l'homme de l'ONU, cette « mesure ressemble à un artifice cynique visant à transférer de force un grande nombre de personnes sans qu'elles puissent revenir ».

Les violations des droits de l'homme systématiques commises contre les Rohingya pourraient constituer des crimes contre l'humanité, a mis en garde la Haut-Commissaire. Il a ainsi demandé aux autorités du Myanmar de mettre un terme aux opérations militaire en cours et d'autoriser aux équipes du Haut-Commissariat à entrer dans le pays. Aux autorités du Bangladesh, le Haut-Commissaire a demandé de maintenir ses frontières ouvertes  afin de continuer à accueillir les réfugiés. En conclusion, M.  Zeid a regretté que l'Inde ait décidé de procéder à des expulsions de Rohingya dans de telles circonstances.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève ; avec un extrait sonore de Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme)

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20/10/2017
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