Myanmar : plus de 123.000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh, selon l'ONU

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Ces réfugiés fuyant les violences au Myanmar ont du mal à trouver des espaces libres dans le camp déjà surpeuplé de Kutupalong, au Bangladesh (Photo: HCR/Vivian Tan)

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) est vivement préoccupé par la poursuite du conflit dans l'État de Rakhine, au Myanmar. Le HCR indique avoir reçu des informations selon lesquelles des civils seraient décédés en tentant de chercher refuge dans les pays voisins de Naypyidaw.

Plus de 123.000 personnes, la plupart des musulmans rohingyas, ont fui les violences au Myanmar pour se réfugier au Bangladesh voisin. Les agences humanitaires présentes à la frontière entre les deux pays insistent sur le pic qui a été atteint ces dernières 24 heures, avec plus de 35.000 réfugiés qui ont réussi en une seule journée à s'extirper de ces violences dans l'État de Rakhine. L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) décrit un périple dangereux, mais qui ne décourage pas des milliers de femmes, enfants et hommes à s'exiler au Bangladesh après avoir passé des jours à marcher. Des réfugiés dont beaucoup sont affamés, en mauvaise condition physique et ont donc besoin d'une aide vitale.

Si le HCR apprécie le rôle joué jusqu'ici par Dacca, il continue tout de même de plaider auprès des autorités du Bangladesh pour permettre le passage dans de bonnes conditions sécuritaires des civils fuyant les violences. Selon l'Agence onusienne, l'enregistrement et l'identification des nouveaux arrivants permettraient également aux organisations humanitaires de hiérarchiser leurs priorités et de fournir l'aide nécessaire.

D'autant que sur le terrain, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer, avec notamment des camps dépassant largement leurs capacités d'accueil. Par exemple, les camps de Kutupalong et de Nayapara ont déjà accueilli depuis le 25 août dernier, près de 30.000 nouveaux arrivants depuis l'éruption des toutes dernières violences dans le nord de l'État de Rakhine. D'autres réfugiés ont été dispersés dans des sites de fortune et dans certains villages limitrophes.

Dans ces conditions, le HCR rappelle la nécessité de fournir des abris d'urgence supplémentaires et des terres pour faire face à l'afflux de ces milliers de réfugiés. « La coordination est cruciale pour que les autorités veillent à ce que les personnes qui en ont le plus besoin bénéficient d'une aide vitale », a souligné Duniya Aslam Khan, porte-parole du HCR lors d'un point de presse ce mardi à Genève.

Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, avant l'afflux actuel, les camps de Kutupalong et de Nayapara au Bangladesh accueillaient déjà près de 34.000 réfugiés rohingyas alors que plusieurs centaines de milliers d'autres Rohingyas sans papiers vivaient dans des sites de fortune et des villages locaux. De son côté, l'Agence de l'ONU pour les migrations (OIM) rappelle que plus de 400.000 réfugiés rohingyas se trouvaient déjà dans tout le Bangladesh après avoir fui de précédentes vagues de violences au Myanmar.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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23/10/2017
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