L’ONU s’engage à prendre des mesures pour éradiquer le «crime odieux» qu’est la traite des êtres humains

Écouter /

Grizelda Grootboom, représentante de la société civile et victime de la traite des êtres humains, intervenant lors de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan d’action mondial des Nations Unies pour lutter contre la traite des personnes. (Photo ONU / Cia Pak)

«Il est temps d’éradiquer la traite des êtres humains», a déclaré mercredi le Secrétaire général des Nations Unies, à l'ouverture de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur l'évaluation du Plan d'action mondial des Nations Unies pour la lutte contre la traite des personnes.

«La traite est partout» a affirmé António Guterres, évoquant les dizaines de millions d'hommes femmes et enfants qui se retrouvent aujourd'hui victimes du travail forcé, de l'esclavage sexuel, du recrutement d’enfants soldats et d’autres formes d’exploitation et d’abus.

Au cours de la réunion, les États Membres ont adopté une Déclaration politique réaffirmant leur engagement à mettre en œuvre un plan d’action des Nations Unies pour mettre fin à ce fléau.

Le Secrétaire général a déclaré que trop souvent les trafiquants d’êtres humains opèrent en toute impunité et reçoivent moins d’attention internationale que les trafiquants de drogue.

Il a appelé à faire de la «pratique abominable» de la traite des êtres humains une «véritable priorité ».

«La coopération internationale est un élément essentiel, y compris le partage de l'information, l'application de la loi et l'assistance juridique » pour mettre un terme à la traite des personnes, a expliqué le chef de l'ONU.

Aussi António Guterres a appelé à utiliser les instruments existants pour y arriver citant notamment les résolutions du Conseil de sécurité, le Fonds d'affectation volontaire pour les victimes de la traite, et l'Agenda pour le développement durable à l'horizon 2030 qui s'attaque aux causes profondes qui rendent les personnes vulnérables à la traite, telles la pauvreté et l'inégalité.

Le forum de deux jours consacré au Plan d’action mondial contre la traite des Nations Unies a été inauguré par un témoignage poignant d’une victime qui a déclaré que les survivants doivent savoir que l’ONU est de leur côté.

Du haut de la tribune de l’Assemblée générale, Grizelda Grootboom a essayé de retenir les larmes en chantant une chanson de son Afrique du Sud natale.

Grizelda a été forcée à devenir une esclave sexuelle, trompée par une amie qui l’a emmenée à Johannesburg et l’a donnée à des trafiquants d’êtres humains.

“J’ai essayé de crier, mais ils ont couvert mes yeux et la bouche avec du ruban adhésif, ils ont enlevé mes vêtements et ils ont injecté des méthamphétamines derrière mes genoux”, a-t-elle déclaré.

Au nom des millions de victimes de la traite et des abus, Grizelda a déclaré que sa faible santé lui rappelle constamment la vie à laquelle a finalement pu échapper et a exhorté l’ONU à aider toutes les personnes dans le monde qui ont connu de semblables expériences cauchemardesques.

“Je ne parle pas parce que je veux donner des discours ou être un activiste. Mais je parle parce que je comprends toute la douleur d’être esclave sexuelle. J’espère vraiment que le plan global ne sera pas seulement mesuré sur le papier, mais se traduira dans toutes les règlementations, les municipalités, les pays et les villes, mais surtout pour la dignité de toutes les filles et les femmes “, a déclaré Grizelda.

(Extrait sonore : António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies)

 

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/11/2017
Loading the player ...