Le pari de l'Andorre sur le multilatéralisme et le respect des engagements internationaux

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Le débat de l'Assemblée générale est l'occasion pour les petits États de faire aussi entendre leur voix. A l'instar de la principauté d'Andorre, pays enclavé entre la France et l'Espagne, qui compte quelque 80 000 habitants. Au micro d'ONU Info, son Premier Ministre, Antoni Martí Petit, qui s'est adressé à l'Assemblée vendredi après-midi, a mis l'accent sur les vertus du multilatéralisme et le respect des engagements contre le changement climatique.

Antoni Marti Petit a aussi mis l'accent sur les nombreuses réformes entreprises depuis six ans dans la Principauté en collaboration avec les Coprinces, notamment la France. Abordant les relations transfrontalières, le chef de l'exécutif andorran a indiqué être attentif aux changements politiques et institutionnels intervenus en France, en Espagne et plus particulièrement en Catalogne, avec l'annonce de la tenue d'un référendum d'autodétermination le 1er octobre 2017.

 

Lors de son intervention, devant l'Assemblée générale, le Chef du gouvernement de la Principauté d'Andorre a estimé que le lien entre la prévention de la paix et une « vie digne » est l'une des questions clés de notre temps, tandis que le développement durable représente le principal défi que doit relever de la communauté internationale.

Ces priorités sont au cœur des objectifs du Programme de développement durable à l'horizon 2030 et des actions menées par le Secrétaire général au cours des neuf dernier mois, a souligné le Chef du Gouvernement. « Un monde plus équitable, moins inégal, offrant des opportunités pour tous, dans le respect des différences, en sera un plus sûr et plus pacifique », a-t-il relevé.

Pour M. Martí Petit, la paix, les droits de l'homme, le développement et la durabilité requièrent une approche multilatérale, car aucun pays, si puissant soit-il, n'est en mesure de les mettre en application à lui seul. Nous devons donc continuer de défendre un multilatéralisme équitable et inclusif, qui ne laisse personne derrière. C'est animé de cet esprit que l'Andorre assume son statut de membre du Conseil économique et social (ECOSOC) pour la période triennale 2017-2019 et qu'il participera ainsi à l'examen des présentations nationales volontaires portant sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

À cet égard, le Chef du Gouvernement s'est félicité de la multiplication des instruments de mesure de l'environnement économique et financier international, tels que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La Principauté d'Andorre, a-t-il expliqué, a élaboré un Livre blanc de l'égalité, qui servira de référence à la mise en œuvre « d'actions transversales en faveur de l'inclusion » par les secteurs public et privé.

Conformément à l'objectif 4 du Programme 2030, la Principauté d'Andorre révisera son système public d'éducation dans les trois langues pour y intégrer des cours sur les droits de l'homme et les valeurs démocratiques. En ce qui concerne l'environnement, M. Martí a vanté l'utilisation accrue de la mobilité électrique dans son pays, ainsi que l'adoption de mesures incitatives pour encourager à la production d'énergie renouvelable, comme l'énergie solaire et géothermique.

L'Andorre, a continué M. Martí Petit, soutient la lutte contre le terrorisme, particulièrement après les attaques perpétrées contre plusieurs de ses voisins au cours des dernières années. Il a salué à cet effet la création par le Secrétaire général du Bureau de lutte contre le terrorisme de l'ONU et appelé à « éradiquer » les causes profondes de l'extrémisme.

S'agissant de l'efficacité du travail des Nations Unies, il a invité les États Membres à mettre en œuvre les accords internationaux et à vérifier leur application, afin d'éviter que l'Organisation, et avec elle la communauté internationale, demeure inerte face aux défis de notre temps. Il a appelé en conclusion à permettre à la Cour pénale internationale (CPI) d'exercer sa juridiction sans l'aval du Conseil de sécurité en cas d'atrocités, comme le proposent la France et le Mexique.

(Interview : Antoni Martí Petit, Chef du gouvernement de la Principauté d'Andorre; propos recueillis par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
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23/10/2017
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