Genève : des experts de l'ONU préoccupés par la « systématisation » des disparitions forcées de courte durée

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Mme Houria Es-Slami, Présidente du Groupe de Travail sur les Disparitions Forcées lors de la présentation de son rapport au Conseil des droits de l’homme (Photo: ONU/J. M. Ferré).

Les experts du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires se sont inquiétés du nombre élevée des cas de disparitions forcées. Au cours d'une conférence de presse ce mercredi à Genève, la Présidente du Groupe, Mme Houria Es-Slami s'est ainsi penchée sur cette situation considérée comme démesurément élevée à l'image de ces cas d'enlèvements assimilables à des disparitions forcées commis par des acteurs non étatiques ou toutes ces nouvelles formes de disparitions forcées, comme les cas de disparitions forcées de courte durée.

A en croire ces experts indépendants onusiens du Groupe de travail sur les disparitions forcées, le nombre considérable de disparitions forcées ou involontaires montre que cette pratique est répandue dans un grand nombre de pays. D'autant plus qu'un grand nombre de cas est sous-signalé car les familles craignent trop souvent les risques de représailles. Mais ce qui inquiète le plus le Groupe, c'est cette nouvelle tendance de disparitions forcées de « de courte durée ». Au cours de la période considérée, le Groupe de travail a continué d'observer que la pratique des disparitions forcées « de courte durée » tendait à se systématiser dans un certain nombre de pays. Il a ainsi exprimé sa vive préoccupation face à ce phénomène, non sans avertir qu'aucune disparition forcée n'est acceptable, aussi brève que soit sa durée. Pour les experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, « les membres de la famille de toute personne privée de liberté doivent être informés avec précision et diligence de la détention de l'intéressé et de son lieu de détention ».

En outre, le Groupe de travail continue d'être préoccupé par le nombre croissant de cas d'enlèvements assimilables à des disparitions forcées commis par des acteurs non étatiques. Il demande à toutes les parties prenantes de prendre des mesures appropriées, de lui fournir des informations et de lui faire part de leurs vues sur cette question.

Par ailleurs, la Présidente du Groupe s'est gravement inquiétée par le nombre de disparitions forcées, qui reste inacceptable partout dans le monde. La preuve de cette triste réalité est le fait qu'au cours de la période considérée, le Groupe de travail a porté 1 094 nouveaux cas de disparition à l'attention de 36 États. Il a appliqué la procédure d'action urgente dans 260 de ces cas, qui se seraient produits dans les trois mois ayant précédé leur signalement.

En dépit du grand nombre de cas, le sous-signalement demeure un problème prépondérant. « Il importerait d'aider davantage les familles et les membres de la société civile afin de les rendre à même de signaler au Groupe de travail les cas de disparition forcée et, plus important encore, de continuer à travailler sur les questions relatives aux disparitions forcées », relève d'ailleurs le rapport des experts qui a été publié en marge de la 36e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

(Extrait sonore : Mme Houria Es-Slami, Présidente du Groupe de Travail sur les Disparitions Forcées ou Involontaires)

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15/12/2017
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