Comité des droits de l'enfant : la Guinée se penche sur la vulnérabilité des enfants après Ebola

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En Guinée, qui a été très touchée par Ebola, des enfants, encadrés par un adulte, jouent dans le village de Meliandou. Photo d’archives : UNICEF/Mark Naftalin

Le Comité des droits de l'enfant a examiné, hier à Genève, des rapports présentés par la Guinée sur les mesures qui ont été prises pour donner effet aux dispositions des deux Protocoles facultatifs se rapportant à la Convention relative aux droits de l'enfant, qui portent respectivement sur l'implication d'enfants dans les conflits armés et sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Lors des débats au Palais Wilson, il a été beaucoup de l'impact socio-économique d'Ebola dans la sous-région ouest-africaine et notamment du drame des enfants orphelins à cause du virus hémorragique à Conakry.

 

Présentant les rapports de la Guinée, le Directeur national de l'enfance au Ministère de l'action sociale, de la promotion féminine et de l'enfance a souligné que son pays avait payé un lourd tribut face à l'épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ébola.  Selon M.  Sékou Konaté, les effets de cette crise ont exacerbé les vulnérabilités des enfants, qui font déjà l'objet de multiples privations.

Une façon pour Conakry de rappeler que la phase qu'a connu le pays avec Ébola a été très douloureuse et a mis à rude épreuve le système de santé guinéen.  A cet égard, la délégation guinéenne a déclaré qu'Ébola a fait 6.234 enfants orphelins et a touché en tout 130.000 enfants.

La Guinée a toutefois fait valoir que la coopération bilatérale apportée pendant cette période a permis le renforcement du système de santé. Mais aussi que le Gouvernement avait signé 12 engagements afin de réduire les privations dont souffrent les enfants à l'horizon 2019 et la politique nationale de l'enfance a été réactualisée pour prendre en compte l'évolution de la situation.  Une révision de la loi portant code de l'enfant est en cours en vue de son alignement avec les autres textes juridiques dans le cadre de la réforme du secteur de la justice.

Autre sujet de préoccupation examiné lors de la présentation du rapport de la Guinée, le recrutement de jeunes volontaires à Kaléya.  A ce sujet, la délégation a précisé qu'il s'agissait d'une période d'exception, en 2009, qui ne doit pas être confondue avec la période 2000-2001, qui est la période de la guerre en Sierra Leone et au Libéria, avec des incursions rebelles dans le Sud du pays.  Il y a effectivement eu, en 2009, une période très éphémère – environs 6 mois – de recrutement de jeunes dans Kaléya.  Par la suite, les jeunes qui n'ont pas été intégrés dans l'armée ont bénéficié d'une formation socio-professionnelle.  Aujourd'hui, Kaléya n'existe pas en tant que centre de recrutement de jeunes;  Kaléya a existé dans une période exceptionnelle.  C'est devenu un centre de formation et de recyclage des cadres de l'armée guinéenne.  La délégation a par la suite précisé que ces formations ne concernent plus aujourd'hui que des jeunes de plus de 18 ans.

S'agissant de l'examen du rapport de la Guinée sur l'exploitation des enfants, la délégation a indiqué que des efforts sont également menés pour prévenir la violence au niveau communautaire, à travers les relais communautaires de protection de l'enfance, qui mènent des activités de sensibilisation, de formation et d'éducation pour la lutte contre les violences.  Un programme a aussi été mis en œuvre qui doit aboutir à la prise en compte des cas de violence dans l'enseignement primaire, y compris s'agissant de l'excision.

Pour ce qui concerne le travail des enfants la délégation a souligné que le code de l'enfant contient l'« ébauche » d'une liste de travaux dangereux, y compris les activités en lien avec le travail de nuit et toute activité qui concerne la pornographie, la prostitution.  Le Ministère du travail a pour sa part établi une liste plus exhaustive de travaux dangereux. À la question sur la répartition territoriale des comités locaux de protection, la délégation a indiqué que la couverture se situait autour de 78%.  Cela permet notamment d'identifier, de dénoncer, de poursuivre et de sanctionner les cas de viol, a déclaré la délégation à titre d'exemple.

(Extrait sonore : Sékou Konaté, Directeur national de l'enfance au Ministère de l'action sociale, de la promotion féminine et de l'enfance)

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17/11/2017
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