Choléra : l'OMS veut réduire de 90% le nombre des morts dans le monde d'ici 2030

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Une campagne de sensibilisation contre le choléra au Yémen (Photo: OMS)

Selon les dernières estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a près de 95.000 décès liés au choléra dans le monde, pour environ 2,9 millions de cas suspects. Pour faire face à cette urgence sanitaire et humanitaire, l'Agence onusienne va lancer une nouvelle stratégie qui sera présentée le 4 octobre prochain au Centre des Pensières, à Veyrier-du-Lac (Annecy, France). Cette réunion avec des partenaires comme les Fondations Gates et Mérieux permettra d'adapter ce nouveau plan d'action contre le choléra.

 

L'OMS plaide pour plus de réactivité face à la persistance du choléra dans plusieurs pays en Afrique subsaharienne mais aussi au Yémen. « Nous devons agir », a expliqué ce lundi à Genève devant la presse Dr Dominique Legros, chargé de la lutte contre le choléra au département pour les pandémies et les épidémies à l'OMS. Avec le pic constaté dans des pays en conflit comme le Yémen et la menace du choléra dans l'Etat de Borno au Nigéria, l'agence onusienne entend mettre en œuvre sa stratégie pour réussir à interrompre la transmission de la maladie. Pour y arriver, l'OMS mise sur plus d'investissements dans les systèmes d'assainissement et la distribution de l'eau potable car « la transmission du choléra est étroitement liée à un accès inapproprié à l'eau potable et à des installations d'assainissement », fait remarquer l'OMS.

Dans ces conditions, l'agence onusienne mise sur une approche pluridisciplinaire  pour prévenir et combattre le choléra, et faire baisser la mortalité. En misant sur la surveillance, le traitement et la prévention, l'OMS espère réduire de 90% le nombre des morts causées par le choléra dans le monde en 2030. L'OMS estime d'ailleurs qu'il y a chaque année en moyenne près de 95.000 décès liés au choléra dans le monde, pour 2,9 millions de cas suspects au total. La plupart de ces cas sont enregistrés en Inde et au Bangladesh.

Mais l''urgence reste la situation au Yémen qui est affecté par plus de deux ans de conflit et où le nombre de cas suspects ce lundi est de 686.783 cas et 2090 décès.  Pourtant si Sanaa avait demandé à l'OMS un dispositif de vaccination, les autorités yéménites se sont par la suite ravisées sur son utilisation. Le million de doses qui lui a été attribué a depuis été réacheminé au Soudan du Sud et en Somalie, mais « on est en négociation pour essayer de convaincre les autorités », a déclaré le Dr Dominique Legros. Ce dernier a indiqué que l'OMS est toujours prête à lancer cette campagne. « L'idée, c'est de démarrer sur une campagne relativement modeste, voir comment cela fonctionne, avant d'adopter des campagnes beaucoup plus importantes », a-t-il ajouté.

Parmi les autres pays touchés, la Somalie totalise en un an plus de 60.288 cas suspects et 820 décès, la République démocratique du Congo (RDC) environ 528 décès et 24.217 cas suspect, le Soudan 34.000 cas et 774 décès et le Soudan du Sud près de 19.862 cas et 355 décès.

Au Nigeria, une épidémie récente dans le nord-est du pays a déjà produit 2.600 cas suspects et 48 victimes en quelques semaines. « Il faut l'empêcher de s'étendre », estime M. Legros. Il a annoncé le lancement ce lundi d'une campagne de vaccination pour 900.000 personnes.

Par ailleurs, une équipe de l'OMS est également attendue à la frontière entre le Myanmar et le Bangladesh pour évaluer la situation humanitaire à Cox Bazar où plus de 400.000 réfugiés rohingyas sont arrivés ces dernières semaines.

Il faut juste rappeler que depuis 2013, l'OMS a établi un stock mondial qui rassemble actuellement 1,5 million de doses. La fabrication annuelle de vaccins devrait augmenter en 2018 de 8 millions de doses pour atteindre 25 millions. Une protection pour trois ans demande deux doses avec au moins deux semaines de décalage entre elles. Deux doses de vaccins sont nécessaires pour conférer une protection complète. Toutefois, dans les situations d'urgence, l'OMS estime qu'une seule dose peut être administrée.

(Extrait sonore : Dr Dominique Legros, Point focal pour le choléra au Département de l'OMS chargé des pandémies et des épidémies)

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08/12/2017
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