Centrafrique : « la fin de la transition politique ne signifie pas la fin de la crise en RCA », selon le Président Touadéra

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M. Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine lors de son allocution devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève (Photo: ONU/J. M. Ferré).

« La fin de la transition politique ne signifie pas la fin de la crise en République centrafricaine ». Lors de son allocution ce mercredi au Conseil des droits de l'homme, le Président de la République centrafricaine a ainsi mis en garde sur la fragilité de « la situation sécuritaire et humanitaire ».  A Genève, M. Faustin-Archange Touadéra a rappelé que la situation actuelle dans son pays est caractérisée par des crimes graves, des violations massives des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Les femmes notamment sont prises pour cibles de guerre et sont victimes de crimes sexuels et de violence sexiste ; les enfants soldats sont commis à des tâches de criminalité ; des centaines de milliers de personnes ont été déplacées. Depuis janvier 2013, le conflit aurait fait 4000 morts, des milliers de blessés et des milliers de personnes déplacées. Cette grave crise vient s'ajouter aux violations graves des droits de l'homme commises depuis plusieurs décennies, a observé le Président.

Dans ces conditions, « le peuple de la République centrafricaine est convaincu que la lutte contre l'impunité est la base d'une paix que l'on veut prochaine et durable, et un axe de la prévention de nouvelles violences », fait-il remarquer. C'est pourquoi les autorités centrafricaines ont d'abord opté pour une « impunité zéro », convaincue que la paix et la justice ne sont pas contradictoires mais plutôt complémentaires, a poursuivi M. Touadéra.  Elle doit donc juger les responsables des graves violations du droit international, dont des crimes de guerre et contre l'humanité commis en République centrafricaine. Faire justice est un impératif pour une paix véritablement durable en République centrafricaine, a insisté le Président : en effet, l'impunité qui sévit en République centrafricaine depuis plusieurs décennies a incité à la commission de nouveaux crimes.  « Des procès justes et équitables ne sont pas seulement une obligation envers les victimes », a dit à cet égard le Président centrafricain ; ils « enverraient un signal fort indiquant que les crimes graves ne seront plus tolérés »

A cet égard, le Président centrafricain rappelle que malgré une situation sécuritaire difficile qui rend difficile les enquêtes sur des crimes complexes impliquant des groupes encore actifs, la République centrafricaine a tout de même créé une Cour pénale spéciale appelée à juger les auteurs ou complices des violations graves des droits humains commises en République centrafricaine depuis 2002.  Des magistrats internationaux ont été nommés en février 2017 pour faire partie des organes de poursuites de la Cour pénale spéciale ; cinq procureurs nationaux s'y sont adjoints en mai. Le Gouvernement se réjouit que la Cour pénale spéciale soit complémentaire de la Cour pénale internationale et des juridictions nationales, permettant le jugement des auteurs des crimes graves dans les lieux où ils ont été perpétrés. Elle sera ainsi en mesure d'apporter une certaine satisfaction morale aux victimes.

En conclusion, le Président centrafricain a sollicité l'appui des partenaires et amis de la RCA et de la communauté internationale en général pour permettre à Bangui de de relever ces défis « afin d'offrir un avenir meilleur à ce peuple centrafricain très meurtri ».

(Extrait sonore : M. Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine)

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17/11/2017
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