Bangladesh: 164.000 Rohingyas ont déjà fui le Myanmar, selon l'Agence de l'ONU pour les réfugiés

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Une famille vient d'arriver, pieds nus dans la boue, au camp de réfugiés bondé de Kutupalong, alors que des milliers d'autres cherchent un abri (Photo: HCR / Vivian Tan).

Selon les dernières estimations du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, 164.000 réfugiés sont arrivés au Bangladesh depuis l'éruption des violences dans l'Etat de Rakhine, au nord du Myanmar, depuis le 25 août.

 

En moins de deux semaines, ce sont donc 165.000 personnes, la plupart des musulmans rohingyas, qui ont fui les violences au Myanmar pour se réfugier au Bangladesh voisin. Dans un entretien téléphonique accordé à ONU-Infos, la porte-parole de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés a confirmé ces chiffres sur ces nouveaux mouvements de populations qui font désormais craindre une crise humanitaire à la frontière entre les deux pays.

Sur le site du HCR, Vivian Tan a d'ailleurs témoigné du désespoir des réfugiés fuyant les violences dans l'Etat de Rakhine. Présentement dans le village de Shamlapur, au Bangladesh, Vivian Tan indique avoir vu des dizaines de bateaux sur la mer et leurs passagers qui affluaient vers la plage, alors qu'elle se rendait vers un camp de réfugiés. Aux abords de ce rivage, ces réfugiés rohingyas se sont écroulés d'épuisement, mais désormais soulagés d'avoir réussi à fuir les violences.

La porte-parole du HCR note que cette « scène désespérée est la plus bouleversante » qu'elle ait « jamais vue au cours de ses 15 années de travail auprès des réfugiés ». Des images qui lui ont rappelé ces photos de boat people vietnamiens qu'elle avait vues dans les années 1980.

Dans tous les cas, le HCR souligne que toutes les personnes ayant réussi à rejoindre le Bangladesh sont dans un mauvais état de santé. La plupart ont marché pendant des jours depuis leurs villages, en se cachant dans la jungle et en franchissant des montagnes et des rivières.

Avec cet afflux massif quotidien de centaines de nouveaux réfugiés, les camps de Kutupalong et Nayapara ont atteint leur point de saturation. Les nouveaux arrivants sont accueillis dans ces localités frontalières du Bangladesh par des familles réfugiées et dans des écoles pour réfugiés, des centres communautaires, des écoles coraniques et des structures couvertes.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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20/10/2017
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