Yémen : 29 réfugiés somaliens et éthiopiens morts et 22 disparus en mer d'Arabie

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Des équipes de l’Agence de l’ONU pour les migrations avec des réfugiés somaliens et éthiopiens (photo: OIM).

Malgré la guerre au Yémen, des milliers de migrants et de réfugiés continuent de quitter la Corne de l'Afrique pour se rendre dans ce pays, avant de rejoindre certains pays du Golfe. Mais ces Éthiopiens et des Somaliens fuyant la persécution ou les violences s'exposent à tous les dangers lors de périlleuses traversées dans le Golfe d'Aden. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué qu'une cinquantaine de jeunes Somaliens et Éthiopiens ont été « délibérément noyés » mardi matin lorsqu'un passeur a contraint 120 passagers de son embarcation à se jeter à la mer à l'approche des côtes du Yémen.

 

L'Agence des Nations Unies pour les migrations dénonce un acte «scandaleux et inhumain», mais décrit surtout une scène surréaliste sur ce drame frappant des réfugiés originaires de la Corne de l'Afrique. Selon l'OIM, un passeur aurait forcé des migrants éthiopiens et des réfugiés somaliens à sauter d'une embarcation, croyant voir des autorités yéménites près des côtes en Mer d'Arabie. Près de 120 migrants dont de nombreux jeunes ont été contraints à affronter, sans s'y préparer, une mer agitée alors qu'ils se rapprochaient de la côte de la province yéménite.

Peu après le drame, des équipes de l'OIM ont trouvé les corps de 29 migrants sur les rives du golfe d'Aden, au cours d'une patrouille de routine sur une plage de Chabwa, ajoute cette agence de l'ONU dans son communiqué. Elle précise que «les morts avaient été enterrés rapidement par les survivants».

Des médecins de l'OIM ont fourni une aide et des soins d'urgence aux 27 survivants, femmes et hommes, restés sur la plage. Certains des survivants avaient déjà quitté la plage avant de recevoir de l'aide, tandis que 22 migrants sont toujours portés disparus, selon l'OIM.

Selon les témoignages recueillis par les équipes de l'OIM, le passeur serait « déjà retourné en Somalie pour continuer son business et ramener d'autres migrants au Yémen en (passant) par la même route ».

Le Chef de la mission de l'OIM au Yémen a ainsi dénoncé un acte «scandaleux et inhumain», soulignant par ailleurs l'«immense souffrance des migrants sur cette route migratoire ». « Trop de jeunes paient des passeurs avec de faux espoirs d'un avenir meilleur», a ainsi dénoncé Laurent de Boeck.

Il faut juste rappeler que malgré la guerre au Yémen, près de 55.000 migrants et réfugiés ont quitté la Corne de l'Afrique pour se rendre dans ce pays depuis janvier 2017, selon l'OIM. Plus de 30.000 d'entre eux sont mineurs et originaires de Somalie et d'Éthiopie.

Des requérants d'asile somaliens et des Ethiopiens fuyant la pauvreté, la persécution ou les violences tentent généralement de rejoindre le Yémen pour se rendre ensuite dans des pays du Golfe.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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12/12/2017
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