UNICEF : Plus de 180 millions de personnes manquent d’eau potable de base dans les pays en conflit

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De l'eau est apportée dans un camp de déplacés où vivent 200 familles qui ont dû fuir Saada, au Yémen. Photo OCHA/Philippe Kropf

Selon l'UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, plus de 180 millions de personnes manquent d’eau potable dans les pays ravagés par les conflits ou les crises. L'agence onusienne fait valoir que les enfants vivant dans des situations fragiles sont quatre fois plus susceptibles de ne pas avoir accès à l’eau potable de base. Un constat établi à l'occasion de la Semaine mondiale de l’eau est en cours qui prend toute sa dimension au Moyen-Orient dans des pays comme la Syrie ou le Yémen qui sont ravagés par des conflits depuis de longs mois et où les infrastructures de base ont été détruites ou ne sont plus entretenues comme le confirme

« L’accès des enfants à l’eau potable et à l’assainissement, en particulier dans les conflits et les urgences, est un droit et non un privilège», a déclaré Sanjay Wijesekera, chef à l'UNICEF de l’eau, de l'assainissement et de l'hygiène dans le monde. “Dans les pays victimes de violences, de déplacements, de conflits et d’instabilité, les moyens de survie les plus fondamentaux des enfants – l’eau – doivent être une priorité”.

Les personnes vivant dans des situations fragiles sont quatre fois plus susceptibles de manquer d’eau potable de base que les populations dans des situations non fragiles, selon une récente analyse de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la santé. Environ 484 millions de personnes vivant dans des situations fragiles en 2015, 183 millions manquaient de services d’eau potable de base.

Au Yémen, un pays émergeant de l’impact de plus de deux ans de conflit, les réseaux d’approvisionnement en eau qui servent les plus grandes villes du pays courent un risque imminent d’effondrement en raison des dégâts infligés par la guerre et de la dégradation. Environ 15 millions de personnes dans le pays ont été coupées de l’accès régulier à l’eau et à l’assainissement.

En Syrie, où le conflit atteint sa septième année, environ 15 millions de personnes ont besoin d’eau potable, dont environ 6,4 millions d’enfants. L’eau a souvent été utilisée comme arme de guerre: rien qu'en 2016, il y a eu au moins 30 coupures d’eau délibérées – y compris à Alep, Damas, Hama, Raqqa et Dara, avec des pompes détruites et des sources d’eau contaminées.

Dans les zones touchées par le conflit dans le nord-est du Nigéria, 75% des infrastructures d’eau et d’assainissement ont été endommagées ou détruites, ce qui a laissé 3,6 millions de personnes sans même les services d’eau de base.

Au Soudan du Sud, où les combats ont fait rage pendant plus de trois ans, près de la moitié des points d’eau à travers le pays ont été endommagés ou complètement détruits.

“Dans beaucoup de cas, les systèmes d’eau et d’assainissement ont été attaqués, endommagés ou laissés en détresse au point de s’effondrer. Lorsque les enfants n’ont pas d’eau potable à boire, et lorsque les systèmes de santé sont laissés en ruines, la malnutrition et les maladies potentiellement mortelles comme le choléra suivront inévitablement », a déclaré Wijesekera.

Au Yémen, par exemple, les enfants représentent plus de 53 pour cent des plus d’un demi-million de cas de choléra soupçonné et de diarrhée aqueuse aiguë rapportée jusqu’à présent. La Somalie souffre de la plus grande flambée de choléra au cours des cinq dernières années, avec près de 77 000 cas de choléra soupçonné et diarrhée aqueuse aiguë. Et au Sud-Soudan, l’épidémie de choléra est la plus sévère du pays, avec plus de 19 000 cas depuis juin 2016.

Dans le nord-est du Nigéria menacé de famine, la Somalie, le Soudan du Sud et le Yémen, près de 30 millions de personnes, dont 14,6 millions d’enfants, ont un besoin urgent d’eau potable. Plus de 5 millions d’enfants sont malnutris cette année, avec 1,4 million d’autres.

(Extrait sonore : Tamara Kumer, porte-parole à Amman, au bureau régional de l'UNICEF pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient ; propos recueillis par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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